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Philipp Lowe

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"Les interconnexions énergétiques: un enjeu majeur de sécurité pour l'Europe"


25 novembre 2011

Philipp Lowe, Directeur général de la DG "Energie", est intervenu comme invité d'honneur dans le cadre des Rencontres du Cercle au Sénat à Paris le 25 novembre 2011. Ces échanges dans le salon Napoléon se sont déroulés en présence de grands acteurs économiques français, de personnalités politiques et de plusieurs ambassadeurs.


Philip Lowe nait à Leeds en 1947 et suit des études Collège St John, à Oxford et à la London Business School. Après avoir travaillé dans l'industrie, il rejoint la Commission européenne en 1973 où il a occupé plusieurs postes importants dans les domaines du développement régional, de l'agriculture, des transports. Il devient directeur général à la DG Développement et coopération en 1997. Modèle du haut fonctionnaire européen ayant le sens de l’intérêt général communautaire et considéré comme tel, il est nommé en 2002 au poste prestigieux de DG Concurrence, jusqu'à ce qu'il prenne ses fonctions actuelles de directeur général de la DG Énergie en février 2010.

Philipp Lowe © Cercle des Européens 2011
Philipp Lowe © Cercle des Européens 2011
Les ambassadeurs de Finlande et de Norvège © Cercle des Européens 2011
Rencontre du Cercle au Sénat © Cercle des Européens 2011
Noëlle Lenoir et Philipp Lowe © Cercle des Européens 2011
Rencontre du Cercle au Sénat © Cercle des Européens 2011
Noëlle Lenoir et Philipp Lowe © Cercle des Européens 2011
Rencontre du Cercle au Sénat © Cercle des Européens 2011

Les problématiques auxquelles fait face la direction générale de la Commission européenne chargée de l'énergie sont liées au développement de marchés de plus en plus globalisés. Le charbon, le gaz ou l'uranium sont l’objet d’une demande mondiale qui explose avec les besoins énergétiques très importants de la Chine, l'Inde ou le Brésil. Les besoins de marché mature comme celui de l’UE n’en restent pas moins très importants. D’où l’action de l’UE maintenant fondée sur le traité qui a reconnu la compétence européenne en la matière.

Pour l'Europe, l'enjeu principal est de garantir la sécurité de l'approvisionnement énergétique, notamment vis-à-vis de notre partenaire principal, la Russie. Ce pays reste notre premier fournisseur en gaz, charbon et pétrole. Or les deux crises dans le transfert du gaz de 2006 et de 2009 ont mis l’accent sur la dépendance de l'Europe vis-à-vis de son voisin, comme de l’ensemble de ses fournisseurs. A chaque fois sont touchées à la fois les foyers et les industries, ce qui pèse forcément sur l'économie de l'Union européenne. Cependant, des améliorations ont eu lieu entre les deux crises: "seulement" dix pays européens ont été affectés contre quatorze lors de la première de ces crises.

L’une des principales orientations de l'Union européenne est aujourd’hui de promouvoir l’investissement dans les "interconnexions" entre pays. Concrètement, cela veut dire adapter les infrastructures existantes pour permettre des échanges plus rapides au-delà des frontières. Tout en augmentant fortement la solidarité entre pays européens, les interconnexions évitent les pannes, diversifient les sources de production et renforcent les industries énergétiques européennes dont les exportations s’accroissent.

Le directeur de la DG Energie de la Commission a par ailleurs rappelé la dimension environnementale de la politique énergétique européenne. L'objectif "20-20-20" que s’est assigné l’UE, i.e. une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre, une amélioration de 20% de l'efficacité énergétique et une part de 20% d'énergies renouvelables dans la consommation d'énergie de l'UE, est ambitieux. Atteindre cet objectif dépend essentiellement des Etats, dont beaucoup sont très engagés. La France est un grand pays énergétique. Par ailleurs, en matière d’énergies renouvelables, sont à la pointe l'Allemagne, le Danemark et l'Espagne sur le solaire et la Suède et la Finlande via d'autres sources d'énergies renouvelables. Avec ce type de progrès, les 20% d'énergies renouvelables en plus espérés permettront à l'Europe de produire 35% de ses besoins en électricité. Sur la question du nucléaire (un domaine de compétence nationale), il a été fait observer qu’à supposer que les dix pays européens ayant des installations nucléaires décident d'en arrêter le fonctionnement, la fermeture complète des centrales ne pourrait se faire que dans un délai d’environ soixante ans. Par conséquent, il faudra encore longtemps gérer l’énergie nucléaire.

Quoiqu'il en soit, la Commission travaille sur la base d'un tryptique énergétique : compétitivité, sécurité des approvisionnements et baisse des émissions de carbone. Dans une Europe dont les Etats sont interdépendants, toute décision importante au niveau national en termes de choix énergétique a des conséquences pour les voisins ! 

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