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Pervenche Berès et Jean-Paul Gauzès

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Des eurodéputés vigilants sur la question de la crédibilité de l'Europe face aux marchés


28 octobre 2011

Deux jours après le sommet européen du 26 octobre 2011 consacré à la crise de la dette en Europe, les eurodéputés Jean-Paul Gauzès (PPE-UMP) et Pervenche Berès (S&D-PS) étaient les invités d'une Rencontre du Cercle organisée dans les locaux de L'Expres, en présence de Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l’Express. Il sont revenus sur les résultats de cette rencontre des chefs d'Etats et de gouvernements. Ils ont remarqué notamment la lenteur du processus intergouvernemental pour résoudre cette crise. Ils demandent par ailleurs à ce qu'on oublie pas d'associer les représentants élus par les citoyens que sont les parlementaires européens dans les choix qui vont être fait dans le futur.


Pervenche Berès est une femme politique française engagée au Parti Socialiste. Députée européenne, elle a présidé la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen de 2004 à 2009. Depuis 2009, elle préside la commission emploi et affaires sociales. Elle est aussi l'auteur d'un rapport sur la crise économique pour l'hémicycle de Strasbourg.

Député européen (PPE – France) depuis 2004, Jean-Paul Gauzès est Coordinateur des députés du groupe PPE au sein de la Commission des Affaires économiques et monétaires. En 2006 il a été Rapporteur sur la Directive Services de paiement et en 2009 sur le règlement relatif aux agences de notation qui suite à la crise financière a permis de mettre en place un dispositif d'encadrement de ces agences. Il est aujourd'hui en charge du texte visant à modifier ce règlement, suite à l'entrée en vigueur de l'architecture de supervision européenne au 1er janvier 2011, placant les agences sous la surveillance de l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF). Il a enfin été rapporteur de la directive sur les gestionnaires de fonds d'investissement alternatifs (AIFM - cf Glossaire), appelée "directive hedge funds", adoptée en novembre 2010, après plus d'un an et demi de négociation.

Noëlle Lenoir, J.P. Gauzès, P. Berès et C. Barbier  © Cercle des Européens 2011
Les Rencontres du Cercle à L'Express © Cercle des Européens 2011
SE Mme Vierros-Villeneuve (Finlande) © Cercle des Européens 2011
P. Berès et C. Barbier  © Cercle des Européens 2011
Noëlle Lenoir, J.P. Gauzès, P. Berès et C. Barbier  © Cercle des Européens 2011
SE M. Paul Kavanagh (Irlande) © Cercle des Européens 2011
Les Rencontres du Cercle à L'Express © Cercle des Européens 2011
P. Berès et J.-P. Gauzès © Cercle des Européens 2011
SE M. Constantin Chalastanis (Grèce) © Cercle des Européens 2011
La présidente du Cercle - Noëlle Lenoir © Cercle des Européens 2011

Dans un échange d'idées franc et convivial, à l’image des relations interparlementaires au niveau européen, Pervenche Berès et Jean-Paul Gauzès ont montré lors de leur dialogue avec les invités du Cercle que tout en étant de sensibilité politique différente, les représentants élus au Parlement européen savaient travailler ensemble dans l’intérêt commun de l’Europe. En réponse aux questions, les deux eurodéputés ont admis que l’UE devait renforcer sa crédibilité face aux marchés. La député socialiste remarque ainsi que "ce ne peut pas être seulement au Bundestag qu'on discute de la question de la surveillance des dettes publiques en Europe". Jean-Paul Gauzès a mentionné les agences de notation désormais supervisées par l'Agence européenne pour la sécurité des marchés (ESMA), nouvelle agence européenne chargé de surveiller les marchés. Le député PPE souligne l’inconvénient d’une mise en œuvre trop lente des régulations européennes. Cette situation n’est pas adaptée au temps des marchés. Jean-Paul Gauzès a fait valoir que selon lui, l'Europe était confrontée, non pas à une crise de l'euro, mais à trois crises: celle de la dette grecque, celle de l'endettement des Etats posant la question de leurs marges de manoeuvre, et celle de la gouvernance de la zone euro.

Les deux eurodéputés ont insisté sur la nécessité de processus démocratiques en Europe et de la mise en place d’une véritable gouvernance de la zone euro, évoquant dans le détail les mécanismes actuels et leurs limites.

Mme Berès, tout en considérant qu'il y avait aussi crise de l'euro, a quant à elle appelé à la plus grande vigilance quant aux changements dans les traités européens voulus par le gouvernement allemand: "Mme Merkel souhaite notamment changer l'article 126 du traité pour poursuivre les Etats qui seraient hors des clous, mais on se demande sur quelles bases et surtout qui viendra juger ces mêmes Etats". Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express, a fait écho à ce questionnement sur le changement des traités européens: "si on repart dans des modifications de traités…, au mieux nous aurons un texte qui aura mis plus de dix-huit mois à être adopté alors que la volatilité du calendrier est des plus intenses aujourd'hui".

Par ailleurs, plusieurs ambassadeurs présents à cette Rencontre ont soulevé la question des modalités d'une l'harmonisation fiscale en Europe. Mme Lenoir a rappelé que le Cercle des Européens qu'elle préside avait récemment fait de fortes propositions en vue de la création d’un impôt européen commun pour les groupes de sociétés, sur la base des travaux menés par la Commission européenne. Elle a aussi insisté "sur la nécessité de ne pas désarmer la lutte contre la fraude, comme c’est hélas le cas en ce qui concerne la TVA intra-communautaire. Cette fraude représente actuellement plus de cent milliards d'euros par an, soit plus des 2/3 du budget annuel de l’UE" pointe la présidente du Cercle.

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