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Marisol Touraine

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Le modèle social européen est-il compatible avec le monde d'aujourd'hui ?


2 avril 2012

A trois semaines du premier tour de la présidentielle française, Marisol Touraine était l’invitée lundi 2 avril 2012 des Rencontres du Cercle / L'Express organisée dans les locaux de L'Express et animée par Christian Makarian, directeur délégué de la rédaction. Chargée des questions sociales et de santé dans l'équipe de campagne de François Hollande, Marisol Touraine est venue plaider pour la préservation d'un modèle social français et européen, tout en l'adaptant dans le contexte actuel.


Après ses études (Ecole Normale Supérieure, agrégation de sciences économiques et sociales, Sciences Po Paris), Marisol Touraine, conseillère d'Etat, travaille d’abord sur les questions internationales et de défense. Avoir une mère chilienne a sans aucun doute compté dans son intérêt à comprendre le monde et d’autres cultures, tout comme le fait d'être la fille du célèbre sociologue Alain Touraine. Elle entre au cabinet de Michel Rocard à Matignon (1988-1991) comme conseillère technique. Cette expérience l’a incitée à s’engager plus directement et personnellement, ce qui l’a amenée à se présenter aux élections législatives de 1997. Elle est alors élue pour la première fois. 

Marisol Touraine devient présidente du Conseil général de l'Indre-et-Loire en 2011, département dont elle est de nouveau députée depuis 2007. Membre de la direction du Parti socialiste, en charge de la protection sociale, elle a à ce titre élaboré et défendu les positions socialistes sur la sécurité sociale, la santé, les retraites… Membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et vice-présidente du groupe socialiste en charge de ces sujets, elle intervient couramment dans les débats sur les législations sociales, y inclus la loi de financement de la sécurité sociale .

Membre du courant "Besoin de Gauche" (réformistes), elle s'engage aux côtés de François Hollande durant la primaire socialiste. Elle se tient à la tête du pôle thématique social santé dans son organigramme de campagne. Un article paru dans Les Echos (27 mars) souligne son rôle "incontournable". 

Marisol Touraine - Rencontres du Cercle / L'Express © Cercle des Européens
Marisol Touraine - Rencontres du Cercle / L'Express © Cercle des Européens
Marisol Touraine - Rencontres du Cercle / L'Express © Cercle des Européens
Marisol Touraine - Rencontres du Cercle / L'Express © Cercle des Européens
Marisol Touraine - Rencontres du Cercle / L'Express © Cercle des Européens

Devant un parterre d'une cinquantaine d'invités où se comptaient des chefs d'entreprises, des ambassadeurs et des personnalités du monde économique, juridique et judiciaire et de la santé, Marisol Touraine est venue présenter le programme de François Hollande tant sur les questions européennes que sur les questions de santé. Elle regrette que l'Europe soit si absente de cette campagne malgré les thèmes à dimension européenne qu'elle contient. Si elle estime que l’Union européenne peut être fière de son histoire, elle ne veut pas rester dans l'incantation car les citoyens attendent avant tout qu'on réponde à leurs préoccupations. Le social en est une des premières, or l'aspect européen du débat est totalement occulté en la matière sous prétexte qu'il s'agit surtout d'un domaine de compétence nationale.

Pour elle, ceci est particulièrement dommageable quand on constate qu'il existe un modèle social européen global avec des particularités suivant les pays. Le modèle social français et continental est pour Marisol Touraine tout à fait compatible avec le monde globalisé auquel nous faisons face aujourd'hui. Il ne doit pas y avoir de remise en cause mais cela demande néanmoins une adaptation certaine. Elle soutient la démarche de François Hollande pour qui les politiques sociales doivent faire l'objet d'investissements (plutôt que de parler de coûts) pour être plus forts dans la compétition mondiale. Ce message sur les investissements à faire s'accompagne d'une prise de conscience des ré-organisations qui devront être réalisées, notamment dans le domaine du contrôle des tarifs médicaux.

Enfin, pour la députée socialiste d'Indre-et-Loire, la voie sur laquelle se dirige l'Europe est aussi un des problèmes dans le déficit démocratique de l'Union européenne. La dissociation actuellement réalisée entre stratégies de rigueur budgétaire et de croissance serait source d'un rejet de la part des citoyens. Elle explique ainsi son vote sur le Mécanisme Européen de Stabilité (MES): elle est tout à fait d'accord pour que les budgets nationaux soient maîtrisés mais en contre-partie elle demande à ce que le volet de la croissance soit également prise en compte.

 

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www.troisfourmis.com