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Laurence Parisot

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Les positions européennes du MEDEF


6 septemre 2006

Laurence Parisot, Présidente du MEDEF, était l’invitée des Rencontres du Cercle des Européens-L’Express, le 6 septembre 2006. Elle a présenté les grandes positions défendues par son organisation dans le contexte européen.


Laurence Parisot est Présidente du MEDEF.

Laurence Parisot © Cercle des Européens

Portrait

Le nouveau visage de l’entreprise

L’entreprise chez elle, c’est une histoire de famille. Elle a toujours vu son grand-père, son père, ses oncles s’occuper de la fabrique familiale de meubles en bois Parisot. Une affaire d’hommes, qu’elle finira par reprendre, en partie, après la mort de son père. Laurence Parisot a ainsi toujours évolué dans le monde de l’entreprise, c’est-à-dire un monde essentiellement masculin. En cela, sa nomination en juin 2005 à la tête du MEDEF n’est que l’aboutissement d’une ascension-éclair passée au côté des hommes mais rarement dans leur ombre…

Une fonceuse

« Elle a toujours été très rapide » note Alain Lancelot son premier employeur, alors directeur du Cevipof, le centre de recherches sur la vie politique française de Sciences-Po. C’est dans cet établissement qu’il remarque la jeune étudiante et l’embauche comme assistante, dès la fin de ses études.

Assistante, pas très longtemps… A 26 ans, elle force son destin et obtient le poste de directrice générale de l’institut de sondage Louis Harris. Cinq ans plus tard, en 1990, elle prend les rennes de l’IFOP. Quand elle est élue en 2005 à la suite d’Ernest-Antoine Seillière, deux ans seulement après son entrée au conseil exécutif du MEDEF, ses rivaux sont tentés de voir dans l’élection de cette quadragénaire, un simple effet de mode.

Changement de ton : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » Celle qui a succédé au baron impose son style… Archétype de la femme moderne et active, la quadragénaire affirme sa personnalité à travers des interviews dans les magazines grand public… Ernest-Antoine Seillière ne s’y était pas trompé, lui qui voyait dans son élection « le symbole d’une modernité et d’une audace qu’on n’attendait pas forcément du patronat français ».

Les fleurs, les mots et les actes…

Pas question pour Laurence Parisot de rester un symbole. Si elle décide d’embellir l’entrée du MEDEF en y faisant planter des fleurs, c’est parce qu’elle est attentive à la forme et au décor, mais il ne faut pas compter sur cette féministe pour en rester aux mots et aux fleurs…

Quand elle remanie les instances du MEDEF, elle accueille plusieurs femmes à des postes décisionnaires. Rapidement elle décide de privilégier les réflexions sur les sujets de société : elle incite les entreprises à s’engager dans la “discrimination positive”, organise des campagnes sur la diversité et crée un groupe de travail sur les violences urbaines après les émeutes des banlieues de l’automne 2005.

Le ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, relève son « envie de donner un visage humain à l’entreprise ». Elle veut en effet être celle qui réconcilie le patronat et les Français : elle annonce une réflexion sur la place du salarié dans l’entreprise et sur la place de l’entreprise dans la vie des Français. Au-delà de la vocation du MEDEF de défense des points de vue de l’entreprise, elle élargit le spectre des thématiques prises en compte par l’organisation. Elle s’en tient à son credo, prononcé après son élection à la tête du MEDEF : « Je serai là où on ne m’attend pas »

L’autre credo, libéral

Elle revendique l’étiquette de libérale, une profession de foi claire et sans ambages. Cette prise de position affirmée n’entrave nullement son élection dès le premier tour à la présidence de l’organisation patronale. Partisane de la flexibilité, elle dénonce les usages du terme de précarité “qui a pour objectif de nous empêcher de réfléchir”, c’est-à-dire de réfléchir aux meilleures formules pour permettre à chacune et à chacun de trouver un emploi adapté à ses qualifications et à ses aspirations. Son plus grand combat ? La modernisation du Code du travail et la modification des lois sur la fiscalité des entreprises. On a dit qu’elle était la Nicole Notat des entreprises. Elle s’engage aussi résolument sur l’Europe en faisant de José Manuel Barroso l’invité d’honneur de l’Université d’été du MEDEF en août 2006.

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