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Ana Palacio

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L’Europe, un projet politique sans précédent


14 octobre 2004

Ana Palacio, Présidente de la Commission mixte parlementaire pour l’Union européenne au Congrès des députés espagnols, était l’invitée des Rencontres du Cercles des Européens-L’Express, le 14 octobre 2004. Député européen entre 1994 et 2002, Ana Palacio nous a livré sa vision du projet politique européen et les défis auxquels l’UE doit faire face en 2004.


Ana Palacio est Présidente de la commission mixte pour l’Union européenne au Congrès des Députés et ancienne Ministre des Affaires étrangères d’Espagne. Elle a été Député européen entre 1994 et 2002.

Ana Palacio © Union européenne

Après une présentation de sa carrière par Noëlle Lenoir et une introduction par Christian Makarian à ce premier débat du Cercle en partenariat avec L’Express, Ana Palacio a tenu à souligner la qualité de l’information internationale produite par L’Express.

Pour expliquer les multiples attaques dont le Parlement européen fait l’objet, notamment en ce qui concerne son impuissance supposée, Ana Palacio a choisi de comparer le parcours de cette institution communautaire à celui des caravanes qui traversaient au XIXème siècle l’Ouest américain en essuyant les attaques indiennes successives. Si ce parcours se prolonge aujourd’hui, c’est qu’il s’appuie sur un réseau de relations entre parlementaires inter-partis qui n’existent nulle par ailleurs. Cette caractéristique du Parlement n’est que rarement reconnue, en raison des difficultés que pose la perception des institutions communautaires et d’un déficit d’explication certain.

Selon Ana Palacio, l’Union est aujourd’hui confrontée à trois grands ordres de défis :

  • en premier lieu, assurer le passage d’une petite Europe à 6, confortable et aisée, à la grande Europe d’aujourd’hui et de demain, avec l’entrée éventuelle de futurs membres comme la Turquie, aussi pauvre que l’Espagne à ses débuts dans la CEE
  • assumer le fait que la concertation sur laquelle s’appuie la construction européenne n’est désormais plus seulement d’ordre économique
  • assurer, de ce fait, le passage d’une Europe de marché à une Europe de citoyenneté.

Après la chute du Mur, à l’heure de l’après-11 septembre et de la révolution technologique, l’Europe vit un moment dense de son histoire, et cela à une échelle globale : la question de l’identité européenne que nous voulons construire doit-elle se poser en termes de contrepoids à la puissance américaine, ou bien de manière plus positive, en termes de valeurs ? Se pose également la question de la redéfinition de nos relations avec nos voisins, tant à l’Est qu’au niveau du bassin méditerranéen. Le gouvernement Aznar, sur ce point, avait défendu l’idée de n’avoir qu’une seule politique de voisinage : l’avantage de cette approche était de ne pas créer de traitements différentiels.

Selon Ana Palacio, la dimension citoyenne de l’Union est indissolublement liée, aujourd’hui, à une plus grande demande d’Europe, venant non seulement de l’intérieur mais également de l’extérieur : au projet d’un espace de prospérité et de sécurité s’ajoute l’affirmation de certains principes communs qui répondent à cette demande, dont la réponse se trouve tout d’abord dans l’acceptation du principe de la grande Europe contre le repli des coopérations renforcées - terme synonyme d’une Europe à plusieurs vitesses.

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