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Martin Schulz, portrait du nouveau président du Parlement européen

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17 janvier 2012

Martin Schulz devient président du Parlement européen en ce 17 janvier 2012. Cet eurodéputé, véritable expert de l'hémicycle européen, succède à Jerzy Buzek grâce à un accord dit "technique" entre les conservateurs (PPE) et les socialistes (S&D). Le Cercle des Européens revient sur son parcours au travers de son portrait.


Premier discours de Martin Schultz à la présidence du Parlement européen

Premier discours de Martin Schultz à la présidence du Parlement européen



Martin Schultz a passé toute sa jeunesse dans la Rhénanie du Nord - Westphalie, région qui abrite plus de 20% de la population allemande. Il fait ses études à Würselen dans le district d'Aix-la-Chapelle, d'abord dans un lycée privé tenu par des religieux puis à l'Université. Il devient libraire et reste depuis un passionné de lecture. A 27 ans, il fonde sa propre librairie dont il restera le dirigeant jusqu'à son élection au Parlement européen. Ce supporter du 1. FC Köln est marié avec deux enfants. Il rejoint les rangs du SPD en 1974 et devient bourgmestre de sa ville de Würselen en 1987, trois ans après avoir investi le conseil municipal. Cela fait de lui à l'époque le plus jeune bourgmestre de sa région.

Sa carrière au Parlement européen

Ce parfait connaisseur des langues françaises et anglaises se présente aux élections européennes en 1994, mandat pour lequel il sera ré-élu aux trois élections suivantes. Comme souvent avec les eurodéputés allemands, il prend de plus en plus de poids politique au fil de ses mandats. Il devient le représentant des socialistes allemands (SPD) au sein du parti socialiste européen en 2000 et prend la tête de ce groupe en 2004 pour être reconduit en 2009. Son élection en tant que 29ème président du Parlement européen est la consécration de sa carrière politique.

Martin Schulz s'est surtout fait connaître dans l'hémicycle européen grâce à... Silvio Berlusconi. En 2003, le premier ministre italien à la tribune va mettre l'eurodéputé allemand dans la lumière médiatique en lui proposant de jouer le rôle de "Kapo" dans un film sur la Seconde Guerre Mondiale. Cela provoque un incident diplomatique entre l'Allemagne et l'Italie. L'émotion suscitée dans les rangs du Parlement de Strasbourg rend incontournable cette personnalité déjà importante du groupe socialiste.

D'autres polémiques ont aussi agité les bancs parlementaires européens, à chaque fois avec Martin Schulz dans la position de cleui qui est attaqué. Jean-Marie Le Pen le traite ainsi de "Monsieur qui a la tête de Lénine et parle comme Hitler". L'habile eurodéputé allemand avait réussi à empêcher le chef de l'extrême-droite française à présider la scéance inaugurale de la nouvelle législature européenne en 2009, comme l'usage le lui permettait en tant que doyen de l'assemblée. De même, le député britannique des nationalistes du UKIP, Godfrey Bloom, le traite de "fasciste non démocratique" en 2010 en pleine scéance.

Un pro-européen plein d'ambitions

Martin Schulz possède une forte personnalité qu'il met au service des Droits de l'Homme, cause qui lui est chère après avoir été membre de la commission Libertés Civiles au Parlement entre 1994 et 2000. Un de ses défauts est d'être colérique et ses adversaires disent de lui loin des micros qu'il est un papillon adorant se brûler à la lumière des caméras. Il n'a pas non plus bonne réputation sur ses connaissances dans les matières économiques. Ce fédéraliste membre de l'Union des fédéralistes européens (UEF) n'est pas membre du "Groupe Spinelli", nouveau groupe de personnalités politiques portant les idéaux fédéralistes au Parlement européen. Ceci peut s'expliquer par le fait que l'eurodéputé allemand ne voulait pas s'exposer avant son élection au perchoir de l'assemblée européenne.

En effet, il a multiplié les efforts pour s'assurer son élection pour atténuer les peurs que pouvait provoquer son engagement parfois volcanique pour la cause européenne. Il a ainsi passé un accord dit "technique" avec le Parti Populaire Européen (PPE, conservateurs) : la ré-élection confortable de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne contre la promesse du partage entre PPE et S&D de la présidence du Parlement européen pendant deux an et demi chacun.

La présidence du Parlement européen est une fonction avant tout symbolique. Mais le rôle renforcé du Parlement grâce au traité de Lisbonne donne l'ambition au socialiste allemand de devenir le défenseur des prérogatives de l'hémicycle. Il demande ainsi un rôle accru pour le Parlement dans la gestion de la crise de l'euro, notamment dans le fait de participer aux prochains sommets de la zone euro. Il compte également donner un autre visage de l'Allemagne: toujours tenant de la rigueur budgétaire mais avec plus de volontarisme sur la question des plans de relance et des euro-obligations.

 

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