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La réponse européenne à la crise financière internationale

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16 octobre 2008

Lors du Conseil européen des 15 et 16 octobre 2008, sous présidence française, les dirigeants des 27 États membres de l’Union européenne adoptent unanimement un plan de sauvetage du système financier à l’échelle européenne, affichant unité et détermination face à la crise internationale.


Conseil européen des 15 et 16 octobre 2008 © Union européenne 2008

Photo de famille à l’issue du Conseil européen des 15 et 16 octobre 2008 © Union européenne



Au premier rang, Lech Kaczynski, Président polonais, José Luis Zapatero, Premier ministre espagnol, Mirek Topolanek, Premier ministre tchèque, José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, Traian Basescu, Président de la Roumanie, Dimitris Christofias, Président chypriote, Nicolas Sarkozy, Président de la République française, Président en exercice du Conseil européen, le Premier ministre français François Fillon, Valdas Adamkus, Président de la Lituanie et Hans-Gert Pôttering, Président du Parlement européen.
Au second rang : Gordon Brown, Premier ministre britannique, Robert Fico, Premier ministre slovaque, Jan Peter Balkenende, Premier ministre néerlandais, et Jean-Claude Junker, Premier ministre luxembourgeois et Président de l’Eurogroupe.

Pressés d’agir face à l’ampleur de la crise financière en Europe et inquiets de l’effondrement des marchés boursiers, après une semaine "noire", les dirigeants des 27 États membres de l’Union européenne ont adopté unanimement, lors du Conseil européen des 15 et 16 octobre 2008, sous présidence française, un plan de sauvetage du système financier à l’échelle européenne, affichant unité et détermination. Cette réunion historique des 27 chefs d’État et de gouvernement a eu lieu trois jours après celle des pays membres de la zone euro, qui avaient évoqué une solution commune.

A l’instar de l’ensemble des autres régions du monde, l’Union européenne n’a pas été épargnée par les secousses engendrées par la crise américaine du crédit hypothécaire survenue en août 2007. L’aggravation de cette crise en septembre 2008, suite à la faillite d’importantes banques d’investissement, telles que Lehman Brothers qui n’a pas été sauvée et Merrill Lynch, finalement rachetée par Bank of America, avait des incidences systémiques sur les marchés financiers mondiaux pouvant conduire à leur effondrement.

Après de la remise à flot de banques telle que la banque britannique de prêts hypothécaires Northern Rock (5ème établissement financier du pays), renflouée par la Banque d’Angleterre en septembre 2007, on a assisté dans la plupart des Etats européens à des scénarios identiques. Citons le sauvetage du champion belgo-néerlandais de la banque et de l’assurance Fortis pour partie racheté par BNPParibas ; de la banque allemande Hypo Real Estate (4ème banque du pays, spécialisée dans le financement immobilier), du prêteur britannique Bradford & Bingley (B&B) et même de l’une des plus vielles banques et n°2 des établissements financiers du Royaume-Uni, la Royal Bank of Scotland (RBS) ; la banque franco-belge Dexia (n°1 du financement des équipements collectifs et des services financiers au secteur public local), quant à elle été renflouée par trois Etats : la France, la Belgique et le Luxembourg.

Après la décision de l’Irlande, le 2 octobre 2008, d’accorder, sans concertation avec ses partenaires européens, sa garantie à l’ensemble des dépôts bancaires du pays pour une somme de 400 milliards de dollars ( 2,2 fois son PIB), le 4 octobre, les dirigeants des quatre États européens membres du G8 (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie) réunis à Paris sur l’initiative de Nicolas Sarkozy, Président en exercice du Conseil européen, ont proclamé solennellement leur détermination à œuvrer pour réponse commune de l’UE à la crise financière.

Puis tout est allé très vite. Ce fut d’abord, la réunion extraordinaire des quinze chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la zone euro avec le Président de la Commission européenne et le Président de la BCE, du 12 octobre 2008, à l’Élysée, qui a débouché sur l’adoption d’un cadre commun pour le sauvetage du secteur bancaire européen et la relance du crédit : "Nous confirmons aujourd’hui notre engagement à agir ensemble, de manière décisive, sur tous les aspects du problème, pour restaurer la confiance et un fonctionnement normal du système financier et, ainsi, retrouver les conditions d’un financement normal et efficace de l’économie." Ce plan, décliné au niveau national, devait avoisiner un total de 1.700 milliards d’euros, un chiffre bien supérieur aux montants mis en œuvre par le plan Paulson aux États-Unis ! Le plan européen s’inspirait des mesures décidées une semaine auparavant par la Grande Bretagne, pays pourtant non-membre de la zone euro et par ailleurs en principe farouche adversaire de l’intervention de l’Etat dans l’économie. Au demeurant, le Premier ministre Gordon Brown, convié par les pays de l’Eurogroupe avait pu lui-même présenter à ses partenaires européens le dispositif envisagé par les Britanniques. Véritable "boîte à outils", selon les termes de Jean-Claude Junker, ce plan se décline en trois volets : injections de liquidités par la BCE ; garantie par l’Etat d’émissions obligataires pour réanimer le marché interbancaire et restaurer la confiance entre les banques ; enfin, recapitalisation des banques par les États. Toutes ces mesures devant prendre fin en décembre 2009.

Avec ce plan, avalisé à l’unanimité des 27 dans les conclusions du Conseil européen des 15 et 16 octobre 2008. "L’Europe mène la réponse mondiale", déclarait le Président de la Commission, José Manuel Barroso. Forts de leur unité, les Européens appelaient également à réforme du capitalisme et de la gouvernance économique mondiale.

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