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3 mai 2012

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Zita Gurmaï, eurodéputée hongroise: "Orban est irresponsable de mettre fin à l’indépendance de la banque centrale en pleines négociations avec le FMI"

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16 janvier 2012

La réforme de la constitution en Hongrie inquiète beaucoup en Europe tant elle met en perspective la dérive autoritaire du régime de Viktor Orban, le premier ministre hongrois. Le Cercle des Européens a interrogé Zita Gurmaï, eurodéputée socialiste de ce pays. Elle demande à l'Union européenne d'intervenir et voit dans ces nouvelles lois une fuite en avant alors que la Hongrie est en pleine crise économique.


Zita Gurmaï, eurodéputée hongroise

Née en 1965 à Budapest, Zita Gurmaï est députée européenne. Elle a été membre du Parlement hongrois de 2002 à 2004, déléguée à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, et déléguée au réseau d'Europe centrale. Elle est vice-présidente de l'Internationale socialiste des femmes et présidente du PSE Femmes.


Cercle des Européens: La nouvelle constitution en Hongrie soulève incompréhensions et inquiétudes en Europe. Qu'en est-il dans votre pays ?

Zita Gurmaï: Je ressens une inquiétude et une colère grandissante de la part de mes concitoyens, pris entre une grave crise économique et les dérives autoritaires d’un gouvernement qui depuis plus d’un an multiplie les mesures portant atteinte aux principes fondamentaux d’une démocratie : indépendance des médias, droit de propriété, indépendance de la justice et de la banque centrale, liberté de culte ou non-discrimination des orientations sexuelles.

 

Cercle des Européens: Le Parlement européen s'émeut depuis quelques mois de la situation en Hongrie. Estimez-vous que les autres institutions européennes sont à la hauteur du problème ou attendez-vous plus d'elles ?

Zita Gurmaï: Clairement non. Le Parlement est le seul à avoir fait entendre sa voix. L’Union européenne a la responsabilité de défendre les principes fondamentaux sur lesquels elle s’est construite au risque de se décrédibiliser encore. Nous attendons des actes, au risque de voir se répéter ce qui s’est passé avec la loi sur les médias où les changements mineurs apportés par le gouvernement pour satisfaire la Commission n’ont rien changé à la situation.

 

Cercle des Européens: N'y a-t-il pas un risque à prendre des sanctions au niveau européen face à un dirigeant qui fait du nationalisme son fonds de commerce électoral ?

Zita Gurmaï: Il est vrai qu’Orban joue sur cette fibre nationaliste en opposant la souveraineté de la Hongrie aux ennemis de l'extérieur, telles que les institutions internationales. Mais cela ne doit pas empêcher l’Union européenne de prendre les mesures nécessaires car c’est le peuple hongrois qui est la première victime de cette dérive, et il ne saurait être pris en otage par le discours populiste d’Orban.

 

Cercle des Européens: Cette dérive nationaliste ne permet-elle pas de mettre de côté vis-à-vis de la population les difficultés économiques de la Hongrie qui a besoin de l'aide financière du FMI et de l'Union européenne ?

Zita Gurmaï: Vu la situation économique du pays, il est difficile pour les citoyens d’oublier la crise. Mais il est vrai que ce discours est aussi une fuite en avant. Orban fait l'opposé de ce qu’on attend d’un dirigeant politique dans telle situation : il divise la population, joue sur les peurs, et mène une politique irresponsable et dangereuse, en mettant fin à l’indépendance de la banque centrale en pleines négociations avec le FMI.

 

En savoir plus:

Cercle des Européens
28 boulevard Raspail 75007 Paris
+33 (0) 1 55 65 59 55
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