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Son Exc. Mme Pilvi-Sisko Vierros-Villeneuve: "62% des Finlandais sont pour l'Euro"

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16 Décembre 2011

L'ambassadeur de Finlande en France, son Excellence Mme Pilvi-Sisko Vierros-Villeneuve, a répondu aux questions du Cercle des Européens sur différents sujets: l'Euro, la crise de l'Europe, les relations entre pays nordiques, Turku capitale européenne de la culture...


Mme Pilvi-Sisko Vierros-Villeneuve est diplômée de l'université d'Helsinki en 1982. Sa maîtrise de plusieurs langues (finnois, suédois, anglais, français) lui permet d'être diplômée de l'ENA (cycle international) en 1989. Elle est aujourd'hui membre du conseil d'administration de l'IFRI. Au sein du ministère des Affaires étrangères finlandais, elle a notamment été conseiller (PESC) à la Représentation permanente de la Finlande auprès de l'Union européenne (1997-2000) et directeur général des affaires politiques entre 2005 et 2009. Elle est ambassadeur de la Finlande en France depuis le 1er septembre 2009.


Cercle des Européens: Comment a été perçu en Finlande le dernier sommet européen proposant un nouveau traité ?

Son Exc. Mme Pilvi-Sisko Vierros-VilleneuveS.E.M. P.-S. Vierros-Villeneuve: Le dernier accord intergouvernemental est perçu positivement chez nous car on va établir des règles plus claires, un peu de discipline et des mesures qui comblent les lacunes existantes. Cela tournera apparemment surtout autour de la zone euro. Mais c'est bien que les pays ayant cette aspiration à rejoindre cette zone se soient aussi engagés engagé à participer à cet accord renforçant les bases de l'union monétaire et budgétaire.

 

Cercle des Européens: La Finlande a demandé des garantiers contre sa ratification de l'aide à la Grèce... En quoi était-ce important pour le gouvernement vis-à-vis de la population finlandaise ?

S.E.M. P.-S. Vierros-Villeneuve: Cela faisait partie des conditions qui étaient clairement dans le programme du gouvernement. C'était dit dès le début à nos partenaires qu'il nous fallait des garanties pour que nous puissions participer à un nouveau paquet d'aides. On peut considérer comme légitime qu'un gouvernement demande des garanties quand on utilise l'argent du contribuable. Il est vrai qu'en Finlande, nous avons eu beaucoup de débats sur la crise de la dette en Europe au moment des élections législatives. Les débats portaient sur le fait de savoir si cette aide suffisait, s'il fallait prévoir autre chose... et maintenant, on est entrain de faire cet autre chose. Il faut aussi penser que si les marchés avaient des doutes, il est compréhensible que les citoyens en aient aussi. C'est pour ça que le gouvernement a demandé ces garanties. Mais au final, la Finlande a participé à ce fonds de garantie.

C'est quelque chose de nouveau pour les Finlandais. On était considéré jusqu'à présent comme les "bons élèves" de l'Union européenne qui ne demandaient jamais rien. Cela était critiqué en Finlande, car on considérait qu'on était trop gentil. Il était important par conséquent d'obtenir quelques garanties.

 

Cercle des Européens: Comment est ressentie la crise de l'euro par la population ?

S.E.M. P.-S. Vierros-Villeneuve: Je dirais que la crise est perçue comme partout ailleurs, mais cette année, cela va mieux. On sait déjà que la croissance va diminuer l'année prochaine. Cependant il faut se rappeler que la Finlande, avait été touché très sévèrement par la crise au début des années 90. Notre PIB avait chuté de 13%, notre chômage grimpait à presque 20%, nouvs avions des crises bancaires...

Il est vrai qu'il y a des représentants politiques qui pronent la sortie de l'euro, mais 62% de la population sont favorables à la monnaie européene malgré la crise actuelle et les difficultés que nous franchissons. Il faut dire que la Finlande est le seul pays nordique qui a l'euro... et nos voisins suédois se portent bien alors qu'ils ont gardé leur monnaie nationale. L'euro nous a fourni néanmoins de la stabilité et de la prévisibilité. Cet important pour nous d'être membre de cette zone. C'est bien que malgré les difficultés actuelles, des pays veulent continuer à entrer dans cette zone monétaire, comme c'est le cas de l'Estonie en 2011. C'est un pas positif et c'est bénéfique pour la Finlande car nous avons beaucoup d'échanges avec l'Estonie. Tallinn n'est qu'à 80km d'Helsinki. De nombreux Finlandais font leurs courses là-bas.

 

Cercle des Européens: En 2011, Turku était capitale européenne de la culture. Comment faîtes-vous la promotion de la Finlande ?

S.E.M. P.-S. Vierros-Villeneuve: Il y a eu des voyages de journalistes avant que l'année commence. On a fait connaître Turku un peu partout en France. Il faut se rappeler qu'il y a deux capitales européennes de la culture. On a par conséquent beaucoup travaillé avec nos voisins estoniens de Tallinn.

Aujourd'hui on parle désormais de "diplomatie publique", notion plus large que les activités culturelles. Mais c'est grâce à l'Europe que la Finlande est bien connue, au travers par exemple des comparatifs avec notre système éducatif qui est jugé comme excellent. Il y a des Français qui veulent même apprendre le finnois, qui sont attirés par la neige en Laponie...

Nous avons profité de notre fête nationale du 6 décembre pour faire la projection du film "Le havre" de Aki Kaurismäki (NDLR: diffusé dans la sélection officille de Cannes en 2011), qui est un film, franco-germano-finlandais, ce qui est tout à fait européen. Nous avons aussi participé à un salon de littérature nordique au début de l'année.

 

Cercle des Européens: Le Service Européen d'Action Extérieure va-t-il faire disparaître les diplomaties nationales ?

S.E.M. P.-S. Vierros-Villeneuve: Non, je ne crois pas. Néanmoins, il faut que tout le monde travaille bien ensemble. Bien sûr, nous avons des spécificités, on ne suit pas tous les mêmes dossiers pour des questions culturelles, des relations bilatérales un peu différentes. Nous devons travailler autour de l'Union européenne. La Finlande a toujours soutenu une politique étrangère de sécurité commune.

Il faut dire que le travail de Mme Ashton n'est pas facile. Elle remplace plusieurs personnes. Nous, les Finlandais, avons toujours été de l'avis que l'Union européenne doit toujours parler d'une seule voix pour qu'elle soit entendue. L'UE doit aussi être un acteur qui compte. Cela ne suffit pas d'avoir des posititions communes.

Je dois dire que le travail des ambassades dans les capitales des pays membres de l'Union européenne a profondément changé. Elles sont un maillon de tout ce travail autour de l'Europe. On suit les dossiers parfois assez techniques qui se passent à Bruxelles. Notre travail est de contribuer à l'élaboration des positions finlandaises. Paris est ainsi une capitale très importante du fait de la crise de l'euro et de la coopération franco-allemande. Ce n'est plus une diplomatie traditionnelle quand on est en poste dans l'Union européenne.

 

Cercle des Européens: Y a-t-il une spécificité nordique au sein de l'Union européenne ?

S.E.M. P.-S. Vierros-Villeneuve: La coopération nordique marche très bien depuis quelques années avec un nouvel élan. J'espère qu'il y aura un nouveau pays nordique qui intégrera l'Union avec l'Islande. Pour la Norvège, il faut attendre, mais il faut rappeler qu'ils ont des contacts et des relations très étroites avec l'UE.

 

Cercle des Européens: Y a-t-il des relations régulières entre la Finlande et la France ?

S.E.M. P.-S. Vierros-Villeneuve: Il y a eu récemment un "memorandum of understanding". Par ailleurs, nous travaillons très bien ensemble pour promouvoir et faire avancer l'économie numérique en Europe. Le marché intérieur numérique, c'est quelque chose sur lequel nous nous sommes retrouvés. Nokia en fait bien sûr partie mais une telle entreprise mondiale n'a pas tellement besoin de nous à l'ambassade. Elle a ses propres moyens surtout pour les questions de marché intérieur. Notre ambassade aide plutôt les PME, même si le soutien pour les entreprises ne fait pas partie des missions de notre ambassade, car un autre service s'en occupe à Paris.

 

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+33 (0) 7 86 28 95 03
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