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Le vieillissement de la population dans l'UE : projection à 50 ans

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20 juin 2011

Avec le vieillissement des enfants du baby-boom et ses implications sur les systèmes socio-économiques, sur la maîtrise des finances publiques ou encore sur les besoins en main d'œuvre, la démographie va devenir l'un des principaux défis des sociétés européennes. Eurostat a publié le 8 juin ses projections démographiques à l'horizon 2060.



Une évolution de la population contrastée selon les pays

Aujourd'hui de 501 millions d'habitants (au 1er janvier 2010), la population de l'Union européenne (UE 27) s'établirait selon les projections d'Eurostat à 517 millions en 2060 après avoir atteint un pic en 2040, avec 526 millions d'habitants.

Cette tendance à la hausse n'est pourtant pas observée de manière générale dans tous les pays de l'UE parmi lesquels on note de grandes différences. Tandis que l'Irlande (+46,5%), le Luxembourg (+45%), Chypre (+41,3%) et le Royaume-Uni (+27%) enregistreraient la plus forte croissance de population, celle-ci serait en déclin dans 13 pays, dont en premier lieu : la Bulgarie (-27%), la Lettonie (-26%), la Lituanie (-20%), la Roumanie (-19,4%) et l'Allemagne (-18,8%). Avec un taux de fécondité record en 2010 (2,01 enfants par femme), la France verrait sa population augmenter de 13,9%. En 2060, l'Etat le plus peuplé de l'UE serait le Royaume-Uni (79 millions d’habitants), suivi de la France (74 millions), l’Allemagne (66 millions), l’Italie (65 millions) et l’Espagne (52 millions). Pays actuellement de loin le plus peuplé (avec plus de 81 millions d'habitants contre plus de 64 millions pour la France), l'Allemagne serait recalée à la 3ème place.

De 5 à 18 fois plus de personnes âgées de 80 ans en 2060

Cette étude met particulièrement l'accent sur l'important vieillissement de la population européenne. Le pourcentage de personnes âgées de 60 ans ou plus serait de 29,5% en 2060, contre actuellement 17,4%. Il serait le plus faible en Irlande (22%), au Royaume-Uni (24,5%), en Belgique (25,5%) et au Danemark (25,5%). C'est en Lettonie que l'on observerait la part la plus élevée de 60 ans et plus (35,7%), suivie de la Roumanie (34,8%), la Pologne (34,5%), la Slovaquie (33,5%) et l'Allemagne (32,8%). En France, cette catégorie d'âge représenterait 26,6% de la population. Selon Eurostat, la part des personnes de 65 ans et plus augmenterait de 2 à 6 fois selon les pays. La part des 80 ans ou plus serait en moyenne dans l'UE de 12%, contre 4,6% actuellement, soit un accroissement qui irait de 5 à 18 fois selon les pays.

Un taux de dépendance deux fois plus élevé

Chiffre très important pour tenter d'évaluer l'impact de ce vieillissement sur les structures économiques, sociales et budgétaires des pays de l'UE, le taux de dépendance des personnes âgées dans l’UE27 (soit le rapport entre la population âgée de 65 ans ou plus et la population âgée de 15 à 64 ans) devrait passer de 26% en 2010 à 53% en 2060. La Lettonie aurait le taux de dépendance le plus élevé de l'UE, avec 68%; viennent ensuite la Roumanie (64,8%), la Pologne (64,6%), la Slovaquie (61,8%), la Bulgarie et l'Allemagne (59,9%). Ce taux serait inférieur à la moyenne de l'UE en France avec 46,6%.

On remarque donc que les pays d'Europe centrale et orientale sont particulièrement concernés par cette question du vieillissement de la population. Parmi les grands pays, c'est en Allemagne que la situation est la plus préoccupante, avec des chiffres à l'horizon 2060 qui pourraient sérieusement entamer la compétitivité de la première puissance économique de l'UE, pourtant si souvent mise en avant en cette période de crise. Dans le prolongement des nombreuses comparaisons entre l'économie allemande et l'économie française, l'aspect démographique penchera indéniablement en faveur de la France dans les 50 prochaines années.

 

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