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Le Catalyseur d’Innovation 2MI (Mobilité Multimodale Intelligente)

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31 octobre 2012

Jean-Claude Raoul, membre de l'Académie des Technologies, nous rappelle les pistes pour développer la mobilité des personnes, un enjeu fondamental.

transport multimodal


La Mobilité des personnes est un enjeu fondamental dans chaque territoire pour:

  • les personnes, elle participe au degré de liberté, d’échanges et de rencontres, d’accès aux services, aux outils de formation, de culture, permet l’accès aux bassins d’emploi, mais aussi aux loisirs et aux commerces.
  •  les territoires, les mieux adaptés à la concurrence internationale sont ceux qui auront su développer les outils d’une mobilité efficace, peu coûteuse, facile d’accès pour tous. La mobilité est un élément de cohésion sociale, de marché du travail ouvert tant pour les recruteurs que pour les recrutés, de développement intellectuel, culturel et professionnel de la population
  • l’urbanisme et l’aménagement, elle permet une utilisation optimale des ressources foncières, de relier ou de protéger les secteurs divers, et la limitation de l'étalement urbain.
  • l’environnement, elle doit être l’un des éléments permettant l’optimisation globale de l’écosystème territorial dans toutes ses dimensions, c'est-à-dire, intégrer les enjeux environnementaux tant globaux que locaux touchant à l'air, la biodiversité, le cadre de vie et le paysage.
  • la santé et la sécurité des personnes, tant pour permettre à chacun l’accès aux centres de santé, qu’en réduisant son propre impact.

Pour répondre à ces enjeux multiples et importants, la mobilité doit utiliser toutes les possibilités actuellement connues et applicables :

  • la multi modalité, qui consiste à utiliser au mieux et de façon harmonieuse, en particulier pour les personnes tous les modes de transport, route, rail, vélo et marche.
  • le numérique : il est devenu une composante majeure de la performance des outils et des infrastructures dédiés aux déplacements des personnes et des biens. Il est un facilitateur des déplacements et de leur planification dans le temps et dans l'espace.

A terme, pris dans son acception la plus large qui inclut l'information, la communication et les télécommunications, le "numérique" permettra aussi de quantifier l'intérêt et la nécessité des déplacements des personnes et des biens. De ce fait, il apportera une nouvelle façon de planifier, voire de réduire les déplacements au strict minimum. Il suffit d'évoquer les nouveaux modes relationnels offerts par le télétravail, la télémédecine, le téléenseignement ou le téléachat pour prendre conscience de la capacité de modifier en profondeur l'art du "vivre ensemble".

Une mobilité nouvelle semble devoir apparaitre qui sera basée sur une évolution de la mobilité elle-même, de l’utilisation des modes, mais aussi, sur un partage des ressources.

L’Académie des Technologies a remarqué, que si des investissements lourds de Recherche et de Développement sont consacrés aux véhicules du futur, plus propres, plus sûrs, et plus communicants, qui répondent à une demande de mobilité traditionnelle, peu de ressources sont consacrées vers des outils beaucoup plus légers tant en investissements qu’en coût d’usage, visant à développer ces nouvelles formes de mobilité. L’impact sur les émissions de gaz à effet de serre pouvant être à priori du même ordre de grandeur.

L’Académie des Technologies a suscité en liaison étroite avec le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement Durable et des Pôles de compétitivité concernés, la création d’un groupe de plus de 20 organismes, composés d’acteurs utilisateurs, donneurs d’ordre et fournisseurs tant de services que d’équipements pour participer à la construction d’un projet afin de faciliter l’atteinte de ces objectifs.
L’utilisation systémique du « numérique » pour gérer les déplacements, par chaque individu, chaque acteur (exploitant, gestionnaire d’infrastructure, et autorités territoriales) doit permettre de :

  • Obtenir un gain sensible des émissions de CO2 du secteur transport, qui devient le principal contributeur, en particulier en zones urbaines
  • Réduire les congestions de trafic, en optimisant l’usage des infrastructures existantes
  • Améliorer les performances de chaque mode de transport
  • Développer l’attractivité des territoires
  • Créer une avance technologique forte sur le marché mondial pour les acteurs impliqués

Les applications sont multiples :

  • Le voyageur pourra planifier avec précision son déplacement,
  • Les choix d’itinéraire optimiseront temps, émissions, et utilisation des divers modes à disposition, avec information en temps réel sur les trafics et aléas
  • Le voyageur sera guidé en permanence et de porte à porte quelque soit le mode de transport utilisé
  • Le paiement des péages et billets sans contact et sans arrêt
  • Planification des capacités de trafic à mettre à disposition par les opérateurs en temps réel
  • Régulation des opérations dans les modes nominaux et dégradés

Une première série d’expérimentations est programmée, sur 6 différents territoires en France métropolitaine. La mise à disposition des utilisateurs et en particulier du public, de ces développements numériques devrait permettre de susciter des innovations d’usage, de développer l’intelligence collective dans ce domaine, et donc de justifier le i pour intelligence du sigle 2MI.
 

Jean-Claude Raoul

Membre de l'Académie des Technologies

 

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