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Boris Nemtsov : l'assassinat lâche d'un grand opposant

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28 février 2015

Cette figure de l'opposition à Vladimir Poutine, a été assassinée à Moscou le 27 février au soir. Abattu de 4 balles devant le Kremlin, Boris Nemstov restera comme un résistant au régime de Poutine. Il avait 55 ans.



Physicien de formation, Boris Nemstov avait commencé sa carrière en 1990 en tant qu'élu au Soviet suprême, le Parlement soviétique.

Sous la présidence de Boris Eltsine et après s'être fait remarqué dans son opposition à la construction d’une centrale nucléaire à Nijni-Novgorod (sa ville de naissance), il a incarné la génération des jeunes ministres réformateurs de la Russie post-URSS.

Vice-Premier ministre chargé du secteur énergétique et des monopoles, il fut limogé en 1998 et devient, l'année d'après, élu à la Douma. Il se distingue alors par son opposition féroce envers Vladimir Poutine.

En 2009, il avait été aspergé d'ammoniac alors qu'il était candidat à la mairie de la ville de Sotchi. 5 ans plus tard, il dénoncera l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver dans la ville, et rédigera un rapport remarqué sur la corruption.

En 2011, le leader de l'opposition en Russie revenait sur son incarcération et expliquait à "l'Obs" ses objectifs, mais aussi les menaces dont il faisait l'objet. ( voir l'interview de Vincent Jaubert : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150228.OBS3561/boris-nemtsov-pout...)

Plus récemment, Boris Nemtsov s'était exprimé sur le conflit russo-ukrainien. Il avait notamment organisé plusieurs marches pacifiques en soutien à Kiev, et s'était opposé fermement à l'annexion de la Crimée.

Assassiné hier à quelques pas du Kremlin dans des circonstances troubles, sa mort a immédiatement provoqué des réactions de la part de la communauté internationale.

François Hollande a dénoncé un "assassinat odieux" et Angela Merkel appelé le président russe à faire toute la lumière sur cet assassinat.

Washington, de son côté, a condamné un « meurtre brutal » et exhorté Moscou « à rapidement mener une enquête impartiale et transparente ».

Les déclarations du Président Poutine paraissent bien tardives et Boris Nemstov aurait dû, malheureusement, faire l'objet d'une sécurité renforcée depuis déjà plusieurs années.

La marche qui aura lieu en sa mémoire honore ceux qui seront présents. Ils prennent de grands risques et devront être soutenus par la France et l'Europe car le combat de cet opposant concerne aussi bien l'Est que l'Ouest.

Un opposant qualifié par le président ukrainien, Petro Porochenko "d'ami de l'Ukraine" et qui était aussi un ami de l'Europe.

Par Julien Miro

www.troisfourmis.com