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"Aider la Grèce, c'est aider l'Europe"

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08 février 2012

Noëlle Lenoir, présidente du Cercle des Européens, revient de Grèce où elle a rencontré plusieurs membres du gouvernement ainsi que les grands acteurs politiques et économiques de ce pays. Elle rappelle qu'aider la Grèce, c'est avant tout aider l'Europe, même si l'état du pays est assez inquiétant.



Noëlle Lenoir : "Je reviens de Grèce où je viens de passer deux jours. J'y ai rencontré plusieurs ministres, dont M. Papademos, des industriels et aussi des citoyens. La situation de ce pays est très illustrative de la crise profonde à laquelle l'Europe est confrontée. Voilà un pays où on sait bien que les paramètres économiques sont très mauvais et presque condamné à mener des réformes structurelles. Or si chacun sait que celles-ci (la fiscalité, le marché du travail, l'enseignement, la fromation...) sont absolument indispensables au redressement de la situation économique et sociale, on sait également la nécessité d'une adhésion de la population. Or, dans un premier temps, il faut lui faire avaler la pillule amère de l'austérité. C'est le dilemme auquel la Grèce doit faire face. Il faut comprendre que la société d'aujourd'hui ne peut pas payer aussi sérieusement, sans avoir un certain espoir par ailleurs, les fautes des précédents dirigeants".

 

A propos des dernières déclarations de Mme Merkel et de M. Sarkozy sur l'aide sous condition pour la Grèce, la présidente du Cercle des Européens explique: 

"d'abord il faut être clair sur l'objectif: nous aidons la Grèce aussi pour aider l'Europe. Un défaut de la Grèce au 20 mars, quand le gouvernement devra avoir remboursé ses créanciers, ne peut constituer la date de sa sortie de l'euro. L'objectif n'est pas uniquement pour la Grèce donc mais commun et européen car on sait très bien quelle contagion pourrait résulter du défaut de la Grèce pour nos pays. Il y a aujourd'hui deux solutions qui s'opposent. D'un côté le couple franco-allemand impose aux Grecs de s'accorder pour respecter intégralement les mesures de rigueur du plan d'austérité proposé par la troïka avec la hausse des impôts et la baisse des salaires. De l'autre, les partis politiques grecs ne veulent pas prendre en charge ces mesures car ils sont en pleine préparation des futures élections.

Entre les deux, il existe une troisième voie entre les mesures d'austérité et l'absence de responsabilité politique avec un moyen terme pour un compromis. Les mesures nécessaires ne sont pas aussi sévères que celles actuellement imposées mais elles doivent reposer sur un engagement ferme d'aller jusqu'au bout avec aussi une certaine attractivité de la Grèce pour les investissements. Le redressement de la Grèce doit donc être l'objectif commun pour ce pays et pour l'Europe".

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