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31 octobre 2019, quel horizon pour l’Europe ? Par Etienne Gautier, European Horizons - HEC Paris

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21 août 2019

C’est ironiquement le jour d’une fête anglo-saxonne que l’Europe va changer de visage. Une administration part, une autre arrive et l’Union Européenne ne comptera (peut-être) plus que vingt-sept membres.
 



Quelle Europe nous laissent Jean-Claude Juncker, Federica Mogherini, Donald Tusk et Mario Draghi ? Depuis 2014, des textes importants ont été adoptés comme la directive sur les travailleurs détachés, les droits d’auteur ou le RGPD. Des traités de libre-échange ont été négociés avec le Canada, le Japon et même le Mercosur. La crise grecque a été surmontée, l’euro n’a pas disparu et le chômage a sensiblement diminué. La Commission Européenne a occupé un plus grand espace médiatique et s’est illustrée dans son combat pour le respect de l’Etat de droit (en Pologne) ou de la libre concurrence (amendes contre les géants technologiques). Une Europe renforcée, plus médiatique et qui protège ?

Pas si vite. Si la crise migratoire a été contenue, elle n’est pas résolue. De même, l’Europe apparaît trop impuissante pour concurrencer les Etats-Unis et la Chine, trop faible pour faire face à une guerre commerciale et technologique et trop divisée pour lutter contre ses propres démons : les populismes européens. Les agendas nationaux dictent toujours le rythme des réformes européennes et le rêve d’un sentiment européen commun semble bien fragile aujourd’hui. Les institutions européennes restent opaques et peu légitimes pour beaucoup. Alors que l’immense majorité des référendums européens a été l’objet d’une déconvenue pour les Européistes, la question de la représentativité démocratique européenne est plus que jamais d’actualité. Surtout, pour la première fois de son histoire, l’Union Européenne va perdre un de ses membres. Une Europe amputée, menacée de l’intérieur et aggressée par l’extérieur ?

Ces deux visages du vieux continent dessinent deux horizons possibles. A Ursula Von Der Leyen, Josep Borrel, Charles Michel et Christine Lagarde de choisir le meilleur. Le départ du Royaume-Uni doit être vu comme un nouveau départ pour le projet européen : une Europe écologique, unie, à la fiscalité harmonisée et qui constitue une réelle alternative au modèle américain et chinois. A nous, Européens, de donner à l’Europe les moyens et la volonté nécessaires à la réalisation de ses objectifs. A nous, Européens, de rendre ce rêve tangible. A nous, Européens, d’y croire, tout simplement.

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