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Victoire de la CDU aux élections européennes, à moins de quatre mois des législatives allemandes

11 juin 2009

A moins de quatre mois des élections législatives du 27 septembre, la CDU de la chancelière Angela Merkel a remporté les européennes avec 30,7% des voix face au SPD qui réalise 20,8%. Après le sérieux revers de 2004 - le SPD avait alors été sanctionné par ses électeurs pour la politique de réforme très impopulaire conduite par le gouvernement Schröder – c’est une défaite historique pour les sociaux-démocrates qui enregistrent là leur plus mauvais score à un scrutin européen depuis 1979. Bien que victorieuse, la CDU enregistre une baisse de près de 6 points par rapport à 2004, année où elle était dans l’opposition. L’alliée bavaroise de la CDU, la CSU, obtient 7% des voix. Les deux formations chrétiennes-démocrates enverront donc 42 élus au sein du Groupe PPE du Parlement européen. Le SPD enverra quant à lui 23 députés au sein du Groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), nouveau nom du groupe socialiste.

Le parti des Verts allemands (die Grüne) confirme le très bon score de 2004. Avec 12,1% des voix, ils compteront 14 députés au sein du Groupe des Verts/Alliance libre européenne.

C’est le Parti libéral (FDP)qui réalise la plus forte percée et la grande surprise de cette élection. Avec 11% des voix, le FDP double son score par rapport au précédent scrutin. Les 12 députés que le parti enverra au Parlement iront grandir les rangs du groupe ADLE. Le parti de gauche radicale, Die Linke, obtient 7,5% des voix, soit 8 députés qui siègeront au Parlement européen au sein du Groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE/NGL). C’est dans ce groupe politique que siègent également les élus communistes français et ceux de la liste du "Front de gauche", de Jean-Luc Mélenchon, dont le positionnement sur l’échiquier politique français et très proche de celui de die Linke en Allemagne.

La perspective des prochaines élections au Bundestag a totalement focalisé le débat sur des enjeux de politique intérieure. Avec un Président du Parlement européen sortant du côté de la CDU, en la personne de Hans-Gert Pöttering (PPE), et un Président du Groupe socialiste au Parlement européen du côté du SPD, en la personne de Martin Schulz, les atouts semblaient pourtant réunis pour faire donner lieu à une véritable confrontation d’idée et faire émerger un véritable débat européen. Ce sont pourtant deux autres candidats qui ont occupé le terrain et focalisé l’attention des médias : la Chancelière Angela Merkel qui brigue un second mandat et son ministre des Affaires étrangères et Vice-chancelier, Frank-Walter Steinmeier, candidat du SPD à la chancellerie. Après la réélection de Horst Köhler (CDU) à la présidence de la République fédérale (cf article), la victoire de la CDU aux élections européennes et le bon score réalisé par les Libéraux, avec lesquels Angela Merkel espère pourvoir former une coalition gouvernementale, apparaissent comme de nouveaux signes encourageants pour les chrétiens-démocrates dans la perspective des élections législatives de septembre 2009.

L’abstention, qui a été particulièrement élevée lors de ce scrutin européen (57%), pourrait toutefois avoir donné une image faussée du véritable état des forces politiques en Allemagne.

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