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15 février 2008
Václav Klaus, président sortant et candidat du Parti civique démocrate, a été réélu président de la République à l’issue du quatrième tour de l’élection qui l’opposait au candidat du Parti social démocrate (CSSD), Jan Švejnar. A l’approche de la présidence de l’Union par la République tchèque, au premier semestre 2009, cette élection très disputée a été marquée par un profond désaccord entre les deux candidats (Vaclas Klaus étant classé eurosceptique) vis-à-vis de l’intégration européenne.
Le président de la République tchèque est élu par les deux chambres du Parlement. Lors du troisième tour, aucun des deux candidats n’avait pu sortir vainqueur, Václav Klaus manquant d’une seule voix la majorité absolue. Il a finalement remporté l’élection au quatrième tour ; le 15 février par 141 votes contre 111 pour Jan Švejnar. La fonction de président de la République est essentiellement honorifique, mais comporte tout de même le choix du Premier ministre et la nomination des juges de la Cour constitutionnelle ainsi que des membres du Conseil de la Banque nationale.
A 66 ans, Václav Klaus est une des figures importantes de la scène politique tchèque depuis deux décennies. C’est à la chute du régime communiste en Tchécoslovaquie qu’il entame sa carrière politique en fondant en 1991le parti de droite libérale : le Parti civique démocrate (ODS). Economiste de formation, il est un adepte des théories libérales de Milton Friedman et un admirateur de la politique de Margareth Thatcher. Ministre des Finances de 1993 à 1997, il est alors un des artisans de la séparation entre la République tchèque et la Slovaquie ainsi que l’un des initiateurs des réformes économiques des années 1990. En 2003, succédant à Vaclav Havel, il devient président de la République, et contrairement à son prédécesseur, affirme nettement son euroscepticisme. Détracteur du Traité constitutionnel de 2005 et fort peu favorable au traité de Lisbonne, le président tchèque se montre opposé à l’entrée de la République tchèque dans la zone euro et de manière générale à tout transfert de compétences vers Bruxelles. « J’ai toujours été partisan de l’intégration européenne », souligne t-il, « Mais je m’opposerai à une centralisation excessive. »
Aussi n’est-il pas étonnant que les questions européennes aient constitué le principal sujet d’opposition entre Václav Klaus et son adversaire à l’élection présidentielle, Jan Švejnar. Né en République tchèque, Jan Švejnar a fuit le régime communiste à 17 ans pour s’exiler aux Etats-Unis, où il a obtenu en 1981 la nationalité américaine. Peu connu en République tchèque, ce candidat issu de l’émigration a été accueilli au départ avec une certaine méfiance. A tel point qu’il a du promettre de renoncer s’il était élu à sa nationalité américaine, pour ne conserver que la tchèque. Professeur d’économie, ancien conseiller auprès de l’OCDE et de la Banque mondiale, Jan Švejnar incarne une forme de modernité, réclamée par certains dont l’ancien Président Vaclav Havel (dont Jan Švejnar était le conseiller économique au début des années 90) « Il nous faut du sang nouveau et de nouvelles impulsions ». Jan Švejnar a basé la plus grande partie de sa campagne sur sa capacité à concilier défense des intérêts nationaux et promotion de l’intégration européenne. A l’approche de la présidence de la République tchèque de l’Union, au premier semestre 2009, Jan Švejnar avait exprimé le souhait que son pays joue un rôle moins effacé dans les affaires européennes et adopte au plus vite l’euro.
Malgré ses positions économiques libérales, Jan Švejnar avait obtenu le soutien du parti d’opposition social démocrate, qui souhaitait obtenir le départ de Vaclav Klaus. Les Verts, pourtant membres de la coalition gouvernementale au pouvoir, ont également soutenu le candidat Švejnar, pour s’inscrire en faux contre les positions radicales de Václav Klaus contre les « environnementalistes » et la politique de lutte contre le changement climatique, qu’il considère comme une idéologie dangereuse. Cependant il existait au moins un point d’accord en ce qui concerne la politique extérieure entre les deux adversaires politiques, tout deux étant favorables à l’installation du bouclier antimissile américain sur le sol tchèque.
Cette élection a changé le paysage politique tchèque, en ce sens que, inconnu ou presque pour une grande majorité des Tchèques au moment de l’annonce de sa candidature en novembre 2007, Jan Švejnar est parvenu à incarner l’idée du changement et à acquérir dans l’opinion une popularité qui pourrait lui permettre de jouer un rôle d’influence lorsque son pays prendra les rênes de l’Union européenne, en 2009, immédiatement après la fin de la présidence française.