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Le Cercle revient sur les parcours des grandes personnalités de la scène nationale, européenne et internationale afin de mettre en lumière la façon dont ils ont "rencontré l’Europe"
Le courage politique en héritage
Roselyne Bachelot-Narquin est tombée dans la politique dès sa prime enfance : son père, Jean Narquin, courageux résistant gaulliste, s’est fait élire député du Maine et Loire sans discontinuité après la guerre. Figure incontournable de la vie politique de la région, il influence sa fille au point de lui donner le goût indéfectible de la politique, un engagement assumé avec un esprit d’indépendance que ne renierait pas Jean Narquin. Marchant dans les pas du père, Roselyne se fait élire comme conseillère régionale dans la circonscription du Maine-et-Loire en 1986. Elle a trente six. Elle se fera réélire ensuite sans discontinuité au conseil régional des Pays de la Loire. Deux ans plus tard, en 1988, elle est élue députée dans la circonscription du Maine et Loire, sa notoriété y étant toute aussi grande que celle de son père à qui elle a succédé.
Proche de Jacques Chirac, elle s’implique personnellement aux côtés du Président sortant dans la campagne pour sa réélection en 2002. Elle devient son porte-parole et participe au comité d’orientation de la campagne. Jacques Chirac réélu Président de la République la nomme ministre de l’Environnement, de l’Écologie et du Développement durable dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin de 2002 à 2004.
En 2004, elle se présente aux élections européennes dans sa région et devient une députée européenne particulièrement active et présente sur le terrain, notamment au moment critique de la campagne sur le référendum sur la Constitution européenne. Elle se range à cette époque derrière Nicolas Sarkozy, étant l’une des premières chiraquiennes à le soutenir publiquement. Lors de la formation du gouvernement du Président Sarkozy nouvellement élu, elle devient le 18 mai 2007 ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, et se fait ensuite réélire comme députée de sa circonscription avant de laisser sa place à son suppléant. Roselyne Bachelot est également de longue date liée d’amitié avec celui qui deviendra son Premier ministre, François Fillon, député de la Sarthe voisine de sa circonscription d’élection.
Des prises de positions remarquées
C’est sur le thème du PACS que Roselyne Bachelot se fait connaître par le public. En novembre 1988, alors que son parti politique adopte une position totalement opposée à cette réforme, Roselyne Bachelot prononce à l’Assemblée Nationale un plaidoyer en sa faveur. Cette prise de position du PACS et d’ailleurs également de l’adoption par des couples homosexuels la conduit à être la seule députée du RPR à voter en faveur du PACS.
L’Angevine est aussi connue pour son engagement pour la cause des femmes, ayant été désignée comme « l’éternelle militante féministe ». De 1995 à 1999, elle est rapporteuse générale à l’Observatoire de la parité entre hommes et femmes, autorité indépendante créée par Jacques Chirac en 1995 (et dont faisait partie il y a peu Fadela Amara, devenue elle aussi membre du gouvernement Fillon et alors Présidente de l’Association « ni putes, ni soumises ».) Elle fait partie des membres fondatrices du collectif des « Chiennes de garde » (1999), une association qui lutte contre la violence sexiste et les atteintes aux droits des femmes dans les médias et l’espace public. Cet engagement, elle ne l’a pas renié en tant que ministre. Ainsi en septembre 2007, elle lance au titre du gouvernement une campagne de promotion de la contraception, préventive de l’IVG, tout en annonçant par ailleurs dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008, l’ouverture pour les femmes d’un droit d’accessibilité aux médicaments nécessaires à l’IVG (IVG médicamenteuse).
Un franc-parler et de l’humour
Une « personnalité libre », « l’atout rebelle du gouvernement », c’est ainsi que Roselyne Bachelot est souvent perçue par les observateurs. Grâce à son franc-parler, rare et donc précieux dans ce milieu, elle se distingue par sa spontanéité du reste de la classe politique. Parfois ce naturel choque. Mais au fond, sa franchise fait mouche et touche l’opinion publique.
C’est son humour chevillé au corps qui lui permet de prendre du bon côté les attaques rituelles que subissent toutes les femmes qui se frottent à la politique. Pas une n’y échappe, mais toutes n’ont pas le don d’y résister avec panache et dans la bonne humeur. Il faut bien ces qualités doublées des compétences, jamais été mises, en doute de la docteur en pharmacie qu’est Roselyne Bachelot pour prendre à bras le corps les dossiers sensibles qui sont ceux du secteur de la santé en France, qu’il s’agisse du comblement du déficit de la sécurité sociale, de l’institution d’une « franchise médicale » qui ne fait pas l’unanimité ou encore de la mise en place d’un véritable dossier médical personnalité attendu depuis des années.
Députée européenne et européenne de conviction
S’étant présentée aux élections européennes de 2004, Roselyne Bachelot a exercé avec beaucoup de foi son mandat de député européen jusqu’à sa nomination au gouvernement en 2007. Elle a été rapporteuse du texte ayant conduit à la création du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation destinée à aider à la reconversion des salariées des régions ou des secteurs sinistrés. C’est en France que ce fonds est d’ailleurs intervenu pour la première fois. Mais surtout, Roselyne Bachelot a battu la campagne pour le oui au référendum sur le traité constitutionnel européen. Parfaitement consciente des dégâts causés par le non Français, elle s’est réjouie du tournant pris sous l’impulsion du Président Sarkozy et de la substitution à la Constitution européenne d’un traité « réformateur » à ratifier par voie parlementaire. Comme elle l’a souligné dans diverses interviews, le but au-delà de ce traité, « la modernisation de la démocratie en Europe ». Le combat continue donc, car pour Roselyne Bachelot « le combat, c’est la fête » pour reprendre l’intitulé d’un de ses livres publié en 2006.
Octobre 2007
Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, était l’invitée des Rencontres du Cercle des Européens-L’Express, le 5 octobre 2007. Elle a présenté les réformes engagées en France en matière de santé face aux enjeux européens.