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Réélection de Horst Köhler à la Présidence de la République fédérale d’Allemagne

23 mai 2009

Le Président sortant et candidat de l’Union chrétienne démocrate (CDU), Horst Köhler, a été réélu à la Présidence de la République fédérale d’Allemagne le 23 mai 2009. Il avait à faire face à lui, à la candidate du SPD, Gesine Schwan, sa plus sérieuse rivale, qui en 2004 s’était déjà présentée contre lui, et à Peter Sodann, connu du grand public allemand pour son rôle d’acteur dans la série policière Tatort, désigné par Die Linke. (Ce parti créé en juin 2007 est né de la fusion du PDS (Partei des Demokratischen Sozialismus), parti d’extrême gauche est allemand, et de l’ l’Alternative électorale travail et justice sociale (WASG), regroupant syndicalistes, altermondialistes et sociaux-démocrates en rupture avec le SPD.)

Le Président de la République d’Allemagne est élu pour 5 ans par un collège formé des deux chambres : l’Assemblée fédérale (Bundesversammlung) composée de l’ensemble des 612 députés du Bundestag et d’un nombre égal d’élus du Bundesrat, représentant les 16 Länder. Soutenu par la CDU de la Chancelière Angela Merkel, par l’Union chrétienne sociale (CSU), son alliée bavaroise, et par le Parti libéral (FDP), Horst Köhler était mathématiquement quasi assuré d’être réélu compte tenu du poids de ces trois formations dans les deux chambres du Parlement. Il a obtenu la majorité des suffrages, soit 613 voix sur les 1223 membres du collège, dès le premier tour de l’élection. Gesine Schwan (SPD) qui pouvait s’appuyer sur le soutien des Verts en obtenant 503 voix. L’atypique candidat de Die Linke n’ayant que 91 voix.

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Horst Köhler en visite officielle au Parlement européen, janvier 2005 ©Parlement européen

Horst Köhler jouit d’une grande popularité qui lui ferait atteindre, selon certains sondages, près de 70% des voix en cas d’élection suffrage universel direct. La fonction de Président fédéral est essentiellement représentative, mais Horst Köhler dans ses discours et par ses prises de positions, a su s’imposer en dépassant les clivages politiques. En 2004, lors de sa première élection, il était peu connu du grand public et sa carrière d’économiste lui avait valu une image plutôt austère. Directeur du Fonds monétaire international (FMI) de 2000 à 2004, il avait précédemment présidé la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) (1998-2000). Sur le plan national, il a été Secrétaire d’État aux Finances de 1990 à 1993 et joua un rôle important dans les négociations du traité d’union monétaire entre la RFA et la RDA en 1990 et dans celles du traité de Maastricht. (Lire son cv)

Face à la crise, Horst Köhler s’est prononcé à de nombreuses reprises contre les dérives du capitalisme et pour une finance et une économie plus justes. A l’issue de son élection en 2009, il déclarait à ce propos : "L’Allemagne traverse une crise qui s’est emparée du monde entier. (…) Nous avons beaucoup de travail devant nous, mais nous réussirons. Partout en Allemagne, il y a des idées et de l’énergie. Un jour, effectivement, nous pourrons dire que nous avons beaucoup appris durant cette période".

Cette victoire de la CDU marque une étape importante dans la perspective des élections législatives du 27 septembre 2009, qui clôtureront cette "grande année électorale" (Superwahljahr), marquée par 16 scrutins aux plans national, régional ou local. Les trois partis de droite - CDU, CSU et FDP – ont réussi à s’entendre, alors que le SPD et Die Linke se divisent à propos d’éventuelles alliances nationales et régionales. Déterminée à mettre fin à la "Grande coalition" formée par la CDU/CSU et les sociaux-démocrates du SPD, Angela Merkel qui sera à nouveau candidate à la chancellerie, souhaite en effet pouvoir former une nouvelle coalition avec les Libéraux du FDP à l’issue du scrutin de la rentrée. Le premier test électoral de l’année avait constitué un signe encourageant dans cette perspective. E n janvier, lors des élections dans le Land de Hesse, l’un des Länder plus prospères, la CDU s’était en effet imposée face au SPD et le FDP, obtenant son meilleur score depuis plus de cinquante ans à une élection régionale. En attendant les autres scrutins régionaux des 30 août (Saxe, Thuringe et Sarre) et 27 septembre (Brandebourg) 2009, le prochain test électoral sera celui des élections européennes du 7 juin.