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Afin de comprendre les enjeux de l’intégration européenne et nourrir le débat, le Cercle recueille le point de vue de responsables politiques et économiques ainsi que d’experts.
6 juin 2007
Interview de Paul Magnette, Président de l’Institut d’ études européennes de l’Université Libre de Bruxelles, Professeur en science politique et chargé d’enseignement à l’IEP de Paris. Spécialiste de la constitutionalisation de l’Union européenne et des théories de la démocratie.
L’idée d’un traité simplifié, défendue par Nicolas Sarkozy, sera négociée lors du prochain sommet européen en Allemagne, les 21 et 22 juin. Ce traité pourrait reprendre l’une des idées phares de la défunte Constitution européenne : la création d’un poste de Ministre européen des Affaires étrangères. Paul Magnette nous éclaire ces changements institutionnels.
Le Cercle des Européens : Quelles seront les principales différences entre le poste actuel de Javier Solana et le futur ministre européen des Affaires étrangères ?
Paul Magnette : D’abord, ce poste fusionne deux fonctions : celle qu’occupe actuellement Javier Solana, haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune et celle de Commissaire aux relations extérieures. Ce ministre sera le représentant de la PESC auprès de Conseil et deviendra le vice-président de la Commission européenne. Il aura la charge de coordonner les actions extérieures de l’Union et aura à sa disposition des budgets plus importants et des fonctionnaires issus de la Commission, du Secrétariat général du Conseil et des fonctionnaires détachés des services diplomatiques nationaux, ce qui n’est pas rien. Il s’agit d’un embryon de service diplomatique entièrement dédié à sa politique. Deuxième différence cruciale :. il aura un droit d’initiative. Actuellement, seuls les états membres, donc les gouvernements nationaux, ont le droit d’initiative… La politique extérieure européenne sera donc plus réactive et plus cohérente.
Les capitales européennes seront-elles réellement disposées à laisser plus de latitude à ce nouveau ministre ?
Il est évident que la création de nouveau poste n’est pas un saut qualitatif majeur… Comme toutes les politiques européennes, la politique extérieure de l’Union est une politique graduelle, de petits pas … Même si en 15 ans, les progrès ont été spectaculaires. Disons qu’en cas de nouveau dossier comme l’Irak, cela permettra surtout de ne plus étaler au grand jour le triste spectacle des divisions européennes comme l’ont fait la France et la Grande-Bretagne sur la question irakienne en 2003… Cela ne veut pas dire que grâce à ce ministres européen, il y aura sur tous les dossiers une position commune des vingt-sept états membres. Mais cela incitera à plus de concertation, même si c’est pour tomber sur un constat de désaccord qui sera exprimé avec nuance et diplomatie.
Les Britanniques semblent opposés à la création de ce poste…
Pour les Britanniques, c’est surtout une question de sémantique. Le mot « ministre » les dérange. Sa dimension symbolique est trop forte, trop liée à leur souveraineté. Mais en 2003, Tony Blair avait donné son accord. Gordon Brown (appelé à succéder à Tony Blair au poste de Premier ministre, NDLR) semble plus réservé. L’idée de la création de ce poste est le résultat d’une très longue réflexion et je pense qu’il y a encore l’envie, chez les Anglais, de le faire aujourd’hui . Alors peut-être que, pour contenter les Anglais, ce futur ministre aux pouvoirs élargis ne portera pas le nom de « Ministre » mais qu’il s’appellera « Secrétaire général » ou « Haut représentant ».
Directrice de recherche au Centre d’études européennes de Sciences Po et auteur d’un ouvrage sur "les gouvernements New Labour", Florence Faucher-King revient dans cette interview sur l’échec des négociations entre travaillistes et les libéraux-démocrates, suite aux législatives du 6 mai. Après une défaite historique des travaillistes, elle souligne le besoin de "reconstruire le parti" et de "reconquérir l’électorat de base". Si les bilan de Gordon Brown est indissociable de la crise, Florence Faucher-King examine plus généralement l’héritage de 13 années de gouvernement New Labour. Dans la perspective d’une réforme du mode de scrutin, elle met enfin en lumière une "désaffection croissante des Britanniques à l’égard du système politique".
25 mai 2010
Professeur à l’Université de Bourgogne, spécialiste de la vie politique britannique et auteur d’un récent ouvrage sur le parti conservateur, Agnès Alexandre-Collier revient sur les résultats des élections législatives du 6 mai remportées par les Tories de David Cameron. Elle analyse l’accord de coalition signé avec les libéraux-démocrates et souligne les concessions faites par chacun concernant la réforme électorale et l’Europe. Face à la crise, elle considère que David Cameron aura beaucoup de mal à "concilier le discours sur le conservatisme compassionnel avec la réalité de la pratique du pouvoir". Ayant étudié les mutations internes au parti conservateur, elle met en lumière la radicalisation du discours eurosceptique des Tories.
21 mai 2010
Responsable politique européenne à l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg, le Dr Stefan Seidendorf décrypte le comportement de la Chancelière Angela Merkel ainsi que les réactions de l’opinion publique allemande face à la crise grecque. Alors que le Parlement a adopté le plan d’aide à la Grèce le 7 mai, après de longues tergiversations, il souligne que la perte du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie par la CDU "semble confirmer les craintes d’Angela Merkel" tout en dénonçant une "campagne nationaliste d’une partie de la presse". Stefan Seidendorf examine également le recours déposé devant le Tribunal constitutionnel allemand contre l’aide à la Grèce. Il revient enfin sur le débat portant sur le modèle économique allemand.
10 mai 2010
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