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Afin de comprendre les enjeux de l’intégration européenne et nourrir le débat, le Cercle recueille le point de vue de responsables politiques et économiques ainsi que d’experts.
4 juin 2009
Interview de Marielle de Sarnez, candidate et tête de liste du Modem (Mouvement démocrate) en île de France pour les élections européennes qui se dérouleront le 7 juin 2009 en France.
Marielle de Sarnez est députée européenne depuis 1999 et siège au sein du Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE). Depuis 2004, elle est Présidente de la délégation UDF (puis Modem) au Parlement européen. Lors de la dernière législature, elle était membre de la commission de la culture et de l’éducation.
La campagne tarde à démarrer et les enjeux véritablement européens restent largement absents des débats. Pourquoi les partis politiques - et notamment le vôtre - ont-ils si peur de parler d’Europe ?
La campagne a effectivement tardé à démarrer mais ce n’est pas le fait du MoDem ! Nos têtes de liste ont été présentées dès le 8 février et nous avons aussitôt commencé dans la foulée nos Conventions Europe, huit au total, une dans chaque circonscription métropolitaine, afin de sensibiliser sur le terrain les électeurs à ce scrutin majeur. J’ajoute que nous sommes les seuls à politiser clairement l’enjeu au plan européen en nous engageant contre la reconduction de José Manuel Barroso et en proposant les noms de deux fortes et réputées personnalités européennes pour lui succéder à la présidence de la Commission, Guy Verhofstadt et Mario Monti. C’est pourquoi c’est une grave erreur d’analyse de reprocher au Mouvement Démocrate et à François Bayrou de ne pas mener une campagne européenne. Bien sûr nos candidats sont interpellés et doivent répondre aux préoccupations nationales mais notre cohérence, en condamnant la politique de Sarkozy, c’est d’offrir une perspective d’alternance en Europe, alors que la politique menée par Barroso n’est que le reflet de celle de Sarkozy en France et que le PS et les Verts le critique mais sans proposer de candidat de remplacement.
Après la campagne référendaire de 2005 axée sur les craintes liées à l’élargissement, quelles sont actuellement les préoccupations et les attentes des électeurs français par rapport à l’Europe ?
Il est clair que le besoin de protection est le maître mot de cette campagne. C’est au cœur des 14 engagements pour l’Europe, le projet adopté par Mouvement Démocrate pour cette élection et c’est tant mieux si nous avons été maintes fois imités et copiés depuis. Nos concitoyens, et c’est vrai partout à travers l’Europe, veulent une UE plus protectrice, qui veille davantage à amortir les grands chocs que peuvent provoquer la mondialisation, comme la crise que nous vivons aujourd’hui.
La crise a-t-elle affaibli ou renforcé l’Europe ? Et la réponse de l’Europe à la crise est-elle satisfaisante ?
A ce stade, la crise n’a ni affaibli, ni renforcé l’Europe mais je crains que l’insuffisance de la réponse ne finisse par en affecter la cohésion, voire fragilise la zone euro. D’où l’importance d’ailleurs de proposer une nouvelle donne à la tête de la Commission européenne. Tout d’abord il faudrait stabiliser le système financier européen, en dotant l’Union européenne d’un régulateur unique doté d’un pouvoir de supervision globale. Ensuite, cette crise devrait être l’occasion d’une grande relance européenne portant sur des projets d’infrastructures énergétiques et de mobilité ainsi que de technologies de l’information et de la communication. Pour financer cet europlan, nous proposons l’émission d’euro-obligations, un grand emprunt européen, car les budgets nationaux sont déjà exsangues. Enfin, il faudrait accélérer l’élargissement de la zone euro et profiter de cette négociation pour mettre en œuvre une gouvernance de l’Eurozone.
Quelles sont vos priorités pour l’Europe dans les cinq prochaines années ?
Cette législature sera marquée par des rendez-vous incontournables comme les suites du paquet "énergie-climat" selon les résultats de la Conférence de Copenhague fin 2009, la négociation des perspectives financières pour l’après 2013, la réforme de la politique agricole commune. J’espère sincèrement pouvoir m’appuyer sur le Traité de Lisbonne car sur tous ces sujets, en particulier la PAC, les pouvoirs du Parlement seraient renforcés.
Comment envisagez-vous votre rôle de député européen ?
Je ne considère ni Strasbourg, ni Bruxelles comme un purgatoire ou une maison de retraite, aussi c’est avec plaisir que je retrouverai le Parlement européen pour un troisième mandat si les électeurs m’en confient la charge. C’est une fonction passionnante qui nous contraint à aplanir nos particularismes nationaux, à rechercher en permanence le compromis, et qui par là même nous adresse une sacrée leçon de démocratie quand on voit combien sont ignorés ou mal considérés les députés de l’Assemblée nationale où tout est joué d’avance. Le Parlement européen n’est pas la chambre d’enregistrement du Conseil des ministres. C’est une assemblée d’élus qui définit l’intérêt général européen face aux intérêts nationaux.
Pour approfondir :
Retrouvez également l’interview d’Henri Weber, tête de liste PS dans la région Centre.
Chercheur à Bruegel et Professeur d’économie à l’Université Libre de Bruxelles, André Sapir analyse la réponse de l’Union européenne à la crise grecque en soulignant les importantes divergences entre Etats membres ainsi que les raisons des hésitations de l’Allemagne. Plaidant pour l’intervention du FMI en Grèce, il estime que le moment politique n’est pas opportun pour créer un Fonds monétaire européen qui nécessiterait une réforme des traités. Il considère de même que si la gouvernance économique est souhaitable à terme, il convient avant tout aujourd’hui de prendre des décisions concrètes face à une situation d’urgence. André Sapir met enfin l’accent sur le fait que l’endettement élevé des pays de l’eurozone "limite notre capacité d’action" face à la mondialisation ou au vieillissement de la population.
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Député européen, Vice-président du groupe S&D et membre de la commission des Affaires étrangères, Adrian Severin nous livre sa conception du rôle de Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangère et la politique de sécurité, tel que créé par le traité de Lisbonne. Revenant sur l’audition de Catherine Ashton il met en avant la nécessaire coopération avec le Parlement européen et propose dans ce sens la création "d’un conseil consultatif informel". Alors la mise en œuvre du Service européen extérieur fait déjà l’objet de vifs débats, il estime que celui-ci doit être "un service européen et non le rassemblement de services diplomatiques nationaux".
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