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Afin de comprendre les enjeux de l’intégration européenne et nourrir le débat, le Cercle recueille le point de vue de responsables politiques et économiques ainsi que d’experts.
29 juin 2009
Interview de Françoise Grossetête, Députée européenne (PPE) depuis 1994, réélue à l’issue du scrutin du 7 juin 2009 dans la circonscription Sud-Est.
Lors de la législature 2004-2009, Françoise Grossetête était membre de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire et l’auteur de nombreux rapports. Au titre de son travail au sein de cette Commission, elle a reçue en 2007 le prix de la meilleure parlementaire de l’année dans le domaine de la santé (décerné par "Parliament magazine").
Au lendemain des élections européennes, elle analyse dans cette interview, les enjeux la nouvelle législature du Parlement européen (2009-2014) et souligne en tant que membre influent et ancienne Vice-présidente du PPE-DE, les priorités de son groupe politique.
Vous avez mené une belle campagne qui a porté ses fruits. Quelles leçons en tirez vous et comment appréciez-vous les résultats des élections européennes au regard de l’évolution de la construction d’une Europe politique ?
Nos candidats ont présenté un projet européen d’une grande clarté, avec des engagements puissants et une vraie volonté de changement pour une Europe plus politique dans la continuité de la Présidence française de l’Union européenne. Les électeurs du Sud-est ne s’y sont pas trompés et le vote sanction contre la politique du Président de la République voulue par le PS et le Modem n’a pas eu lieu. Les Français ont sanctionné durement leur stratégie consistant à esquiver l’Europe en s’enfonçant dans une critique stérile et permanente de Nicolas Sarkozy.
Il faut maintenant mettre en place une véritable Europe politique, un approfondissement conséquent de nos institutions, par le Traité de Lisbonne. Pour être visible et influente sur la scène internationale, l’Europe doit être unie politiquement.
Lors de la dernière législature, vous siégiez au sein de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire. Quel bilan faîtes-vous de l’action de cette Commission et de votre contribution à celle-ci ?
Je prends beaucoup de plaisir à siéger dans cette commission qui relève d’un enjeu majeur pour les générations futures. J’ai notamment eu la chance d’avoir été rapporteur d’un texte du Paquet Energie-Climat, par exemple, qui constitue un véritable bouleversement environnemental utile pour l’économie européenne, et pour la planète.
Etant membre de cette Commission depuis de nombreuses années mes collègues m’ont témoigné leur confiance à plusieurs reprises lorsque j’ai été nommée rapporteur sur des textes relatifs à la mise sur le marché des médicaments, les maladies rares, le changement climatique, le stockage des émissions de CO2, la mobilité des patients dans l’Union européenne... J’ai également déposé beaucoup d’amendements sur des textes fondamentaux comme les émissions de CO2 des véhicules, les systèmes d’échanges de quotas d’émission dans l’industrie ou les produits phytosanitaires...
La Commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire fait partie des Commissions les plus actives du Parlement européen. La majorité des textes qui en ressortent ont une valeur normative (directives ou règlements). Les députés qui y siègent depuis un certain temps acquièrent une véritable expertise technique. Au cours de cette législature (2004-09), il faut noter les progrès remarquables qui ont été accomplis en matière de politique de la santé au niveau communautaire et dont le Parlement européen a été très souvent l’initiateur, en pesant fortement à la fois sur le Conseil et sur la Commission, qui conformément au Traité, dispose seule du droit d’initiative législative.
Quelles sont, pour cette nouvelle législature du Parlement européen, les priorités du groupe PPE-DE auquel vous appartenez ?
Il faut tout d’abord accroître la compétitivité européenne, et pour ce faire, créer un véritable marché unique dans les domaines de la connaissance et de la recherche. Notre vision repose également sur le développement durable, qui doit influencer tous les domaines législatifs, de l’environnement et la politique régionale à la politique économique, en passant par l’énergie, les transports ou l’agriculture, ainsi que la politique commerciale. Pour construire une Union compétitive et saine sur le plan environnemental pour notre génération et pour les suivantes, nous devons renforcer le lien entre environnement sain et économie forte. La sécurité est aussi une préoccupation majeure des citoyens d’Europe. Ce besoin renforcé de sécurité se fait sentir dans de nombreux domaines allant de la sécurité dans la rue, au contrôle aux frontières extérieures ou à la lutte contre le terrorisme, en passant par la santé, par l’alimentation ou l’économie avec son taux de chômage élevé et le risque de faillites. Pour répondre aux multiples préoccupations des citoyens, le Groupe du PPE-DE propose une série d’initiatives visant à assurer la sécurité dans nos sociétés, mais aussi à améliorer la protection civile et juridique. Mais pour faire face à ses responsabilités dans le domaine de la sécurité et bien se positionner sur la scène politique internationale, la politique étrangère européenne doit se doter d’institutions lui permettant de parler d’une seule voix, donc de remplir les conditions préalables à la poursuite d’une véritable politique étrangère européenne. Pour ce faire, le Groupe du PPE-DE estime que l’Union européenne ne pourra pas éviter une clarification des compétences et une simplification des processus décisionnels. Dans ce contexte, le Groupe du PPE-DE considère qu’une intégration partielle de la PESC dans les structures de la Communauté constitue un moyen puissant de renforcer la cohérence et la visibilité de la politique de l’Union.
Lors du Conseil européen des 18 et 19 juin, José Manuel Barroso a obtenu le soutien des 27 chefs d’État et de gouvernement, mais ces derniers ne l’ont pas désigné comme ils devaient le faire. Comment interprétez-vous cela ?
Nous avons toute en confiance dans les compétences de M.Barroso. Il semblait simplement normal que le Président de la Commission nous propose un programme, une ligne directrice de son action. Cela semble normal de connaître les intentions avant de voter.
Le Parlement européen est à l’évidence le grand gagnant des réformes mises en œuvre par le traité de Lisbonne. Comment son rôle évoluera-t-il lorsque le traité sera entrée en vigueur ?
Le Parlement sera un véritable contre-pouvoir à la Commission et au Conseil des Ministres. La procédure de codécision sera étendue à plus de 50 nouveaux thèmes, c’est donc une petite révolution qui s’opère.
Si vous aviez un message à transmettre en une phrase aux citoyens irlandais, que leur diriez-vous ?
En votant pour Lisbonne, vous donnez une chance à vos enfants de vivre dans une Europe qui protège et ambitieuse. Saisissez-là !
En amont de la conférence du 10 septembre, le Président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Philippe Maystadt, nous livre son appréciation de la nouvelle stratégie économique de l’UE, Europe 2020. Soulignant les lacunes de la précédente stratégie de Lisbonne, le Président met en avant des objectifs "mieux définis et plus concentrés" ainsi qu’"un meilleur mécanisme d’application". Le succès d’Europe 2020 résidera toutefois selon lui dans la capacité des Etats à comprendre "qu’il est dans leur propre intérêt national de mettre en œuvre ces politiques".
1er septembre 2010
Président de la Commission des Budgets du Parlement européen et ancien Ministre, Alain Lamassoure apporte sa contribution au débat actuel sur la gouvernance économique. Jugeant "inconcevable" la surveillance des budgets nationaux par la Commission, il affirme que seule l’association des parlements nationaux permettra une meilleure coordination budgétaire européenne et propose dans ce sens un "débat commun d’orientation budgétaire". Faisant le constat d’un "recul en terme quantitatif et qualitatif" du budget communautaire, il plaide pour la recherche de nouvelles ressources propres et la suppression des contributions nationales.
21 juillet 2010
Directrice de recherche au Centre d’études européennes de Sciences Po et auteur d’un ouvrage sur "les gouvernements New Labour", Florence Faucher-King revient dans cette interview sur l’échec des négociations entre travaillistes et les libéraux-démocrates, suite aux législatives du 6 mai. Après une défaite historique des travaillistes, elle souligne le besoin de "reconstruire le parti" et de "reconquérir l’électorat de base". Si les bilan de Gordon Brown est indissociable de la crise, Florence Faucher-King examine plus généralement l’héritage de 13 années de gouvernement New Labour. Dans la perspective d’une réforme du mode de scrutin, elle met enfin en lumière une "désaffection croissante des Britanniques à l’égard du système politique".
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