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Le Cercle revient sur les parcours des grandes personnalités de la scène nationale, européenne et internationale afin de mettre en lumière la façon dont ils ont "rencontré l’Europe"
Du Conseil général de Savoie, en passant par le Sénat, l’Assemblée nationale, puis de stratégiques postes ministériels, Michel Barnier est un des piliers de la vie politique française. Ancien Commissaire européen, son influence sur la scène européenne est tout aussi importante. La carrière de Michel Barnier, entre le local, le national et l’Europe, confère à son parcours politique une dimension d’exemplarité.
Une carrière politique locale de plus de 20 ans au service de la Savoie
Né à La Tronche, en Isère, Michel Barnier est diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP). Une institution très européenne avec ses campus à Londres, Berlin, Madrid, Turin. Après des études à Paris, Michel Barnier fait le choix de retourner dans sa région natale, où il débute sa carrière politique. Militant gaulliste dès ses 14 ans, il est élu pour la première fois Conseiller général de Savoie en 1973, à l’âge de 22 ans. La qualité de son travail et son engagement pour son département, vont lui permettre d’accéder à des responsabilités plus importantes. Député de la Savoie en 1978, il devient en 1982 également Président du Conseil général de Savoie et Vice-président du Conseil régional Rhône-Alpes. La fonction de sénateur de Savoie qu’il occupe entre 1995 et 1999 vient couronner cette ascension continue. Entre mandats locaux et parlementaires, Michel Barnier aura passé plus de 20 années consécutives au service de son territoire.
Parmi les nombreuses initiatives de Michel Barnier en faveur du développement de la Savoie, la plus emblématique reste l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver à Albertville, en 1992. Après six ans de travail au sein du Comité d’organisation des Jeux Olympiques, co-présidé par Jean-Claude Killy et Michel Barnier, c’est le 17 octobre 1986, dans le Palais Beaulieu à Lausanne que Juan Antonio Samaranch, Président du CIO, annonce la désignation d’Albertville pour accueillir les JO d’hiver de 1992. Au-delà de la réussite sportive des ces Jeux, il faut se reporter au titre du quotidien L’Equipe à la fin de cette olympiade :"Bravo la Savoie", pour comprendre combien cet événement à bénéficié à la région de Michel Barnier. Grace aux Jeux, l’aménagement de la Savoie avait gagné près de 20 années par rapport à un rythme habituel d’investissement !
L’engagement pour l’environnement
La protection de l’environnement a très tôt constitué une préoccupation majeure pour Michel Barnier, ainsi qu’un engagement constant de sa part. Dès 1986, alors qu’il est député de Savoie et Président du Conseil général, il engage une politique volontariste de protection de l’environnement dans son département. En 1990, Michel Barnier est l’auteur d’ un rapport parlementaire, intitulé : "Chacun pour tous et cent propositions pour l’environnement". Parmi les chantiers sur lesquels il travaille figure le projet du "Grand Lac" Ce projet d’aménagement du pays du Lac du Bourget, conjugue développement économique et amélioration de la qualité de l’eau du Lac du Bourget, l’une des plus grandes réserves naturelles de France. Retenu par le Gouvernement au Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire, le 23 juillet 1999, le Grand Lac sera comme l’explique Michel Barnier : "dans une Savoie qui à toujours été une terre de grands projets, une référence dans le domaine du "ménagement "du territoire"". C’est fort de cette expérience que Michel Barnier est nommé ministre de l’Environnement en 1993, dans le gouvernement d’Edouard Balladur.
Au sein de sa famille politique, Miche Barnier se veut l’un des porte-paroles du développement durable. Aujourd’hui au ministère de l’Agriculture, l’environnement est au cœur de son action, "le plus grand défi de notre temps", déclare t-il et comment t-il dans son livre : "L’Atlas pour un monde durable" (2007).
Une ambition pour l’Europe
Parallèlement à l’environnement, l’Europe constitue le second pilier de l’engagement politique de Michel Barnier. Dans la foulée du ministère de l’Environnement, il est nommé ministre délégué aux Affaires européennes, dans le gouvernement d’Alain Juppé. Il s’attaque à un premier chantier de taille : la négociation du Traité d’Amsterdam, pour lequel il est chef de la délégation française. Signé le 2 octobre 1997, après deux ans de travail, le Traité d’Amsterdam met l’accent sur l’Europe des citoyens (notamment à travers l’espace de liberté, sécurité et justice), la politique extérieure de l’Union et l’amélioration du fonctionnement institutionnel en vue de l’élargissement.
L’année 1999 constitue un tournant dans le parcours de Michel Barnier. Il rejoint Bruxelles où il est nommé Commissaire à la Politique régionale. Chargé également de la réforme institutionnelle, il jouera un rôle central dans le processus d’élaboration du Traité constitutionnel qui débute le 15 décembre 2001 par la déclaration de Laeken. Désigné représentant de la Commission au sein du Præsidium de la Convention sur l’avenir de l’Union présidée par Valéry Giscard d’Estaing, aux côtés d’Antonio Vitorino, Michel Barnier se voit confier la présidence du groupe de travail sur la défense européenne. Il quitte la Commission en 2004, après la signature du Traité, instituant une Constitution pour l’Europe, le 29 octobre 2004. Il aura ainsi participé à l’un des projets les plus ambitieux de la construction européenne, bien que celui-ci se soit, au final, soldé par un échec, suite au rejet français et néerlandais du Traité constitutionnel en 2005.
Alors qu’il était pressenti comme commissaire à la Concurrence, il est nommé ministre des Affaires étrangères, à l’issu d’un parcours sans fautes à la Commission. Il a su encaisser avec regrets mais néanmoins philosophie, les conséquences du non français à la Constitution.
Le ministère de l’Agriculture, une consécration ?
Ministre de l’Agriculture et de la Pêche du gouvernement de François Fillon, depuis le 19 juin 2007, cette nouvelle responsabilité est parfaitement en cohérence avec l’ensemble du parcours de Michle Barnier qui se trouve à la tête "du seul ministère 100% européen". La Présidence française de l’Union européenne, au second semestre 2008, lui fournit une occasion de mettre l’Europe au centre de la politique nationale. Avec le bilan de santé de la politique agricole commune (PAC) inscrit à l’agenda européen durant le présidence française, Michel Barnier pourra mettre à profit son expérience de la négociation et ses connaissances des rouages communautaires, au service d’une des rares véritable politique commune.
Un grand poste au sein de l’UE sera-t-il la prochaine étape d’une carrière très européenne ?
Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier était l’invité des Rencontres du Cercle des Européens-L’Express. Dans la perspective du bilan de santé de la PAC, Michel Barnier a défendu les fondements de cette politique, "représentative d’un choix d’organisation de l’Europe". Dans un contexte de forte hausse du prix des matières premières, son action à la tête de ce ministère "100% européen", répond à deux objectifs stratégiques : l’alimentation et le développement territorial.