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Chaque mois, le Cercle des Européens reçoit, en partenariat avec L’Express, une personnalité marquante de la scène européenne ou internationale qui intervient, lors d’un petit déjeuner débat, sur un thème européen lié à ses responsabilités.
8 juin 2005
Louis Michel, Commissaire européen en charge du Développement et de l’Aide humanitaire, ancien ministre des Affaires étrangères de Belgique, était l’invité des Rencontres du Cercle des Européens-L’Express, le 8 juin 2005.
Noëlle Lenoir a rappelé le parcours européen de M. Louis Michel, ancien Ministre Belge des Affaires européennes, mais également l’un des principaux rédacteurs de la Constitution européenne au sein de la Convention pour l’avenir de l’Union. Il est aujourd’hui Commissaire en charge du Développement et de l’Aide humanitaire - un domaine stratégique dans la politique extérieure - où l’UE est, avec les USA, un des acteurs les plus importants au monde
Le Commissaire a commencé son intervention en relevant une erreur de la presse : Lorsqu’on lit dans les journaux que les Etats-Unis sont le premier acteur au monde en aide au développement, on se trompe. C’est l’Union européenne qui en fournit les 56% (50Md€ annuels) contre 24% aux USA, mais par 26 politiques, règlements et législations différents (25 pays plus la Commission), ce qui pose un grave problème pour les pays partenaires, et empêche de valoriser l’effort des Européens. M. Louis Michel a également relevé que l’UE communique très mal sur son activité dans ce domaine, et qu’elle n’en profite pas pour exercer une influence politique en terme de terrorisme, de globalisation et d’immigration.
Actuellement, le développement est au cœur du débat : le Conseil européen de juin consacrera certaines décisions prises par la Commission et le Parlement sur l’augmentation de l’aide publique au développement des pays membres, pour atteindre 0,56% du PIB d’ici 2010, ce qui signifierait 20Md€ en plus (0,39% du PIB actuellement, 0,42% en 2006). La Commission a émis trois communications pour préparer le sommet de New York : une sur le financement du développement, une sur la cohérence des politiques entre les 11 compétences européennes qui ont un lien avec un développement, et une sur l’Afrique, une région stratégique très vulnérable où l’UE accuse un retard par rapport à la programmation de 2000. L’Afrique redevient un enjeu géostratégique avec une présence chinoise, japonaise et américaine importante.
M. Louis Michel a rappelé sa proposition d’un « label éthique pour les entreprises », destiné à qualifier les entreprises remplissant des critères sociaux, qui pourront participer aux marchés financés par l’aide au développement. Le Commissaire a insisté sur le fait que l’objectif n’est pas de rendre ces pays dépendants de l’aide, de les déresponsabiliser, mais au contraire de les aider à devenir des partenaires stratégiques de l’UE.. Pour autant, a insisté le Commissaire, il est normal aussi d’attendre quelque chose en échange de ce que l’on fournit : qu’un pays restitue à terme au moins une partie des aides qu’il a reçu, lors d’échanges économiques équitables.
Mais pour une action plus efficace, il estime nécessaire non pas d’harmoniser, mais de faire converger les différentes politiques d’aide au développement européennes, d’avoir une stratégie commune : fixer les objectifs et un calendrier au niveau européen, puis voir quels pays sont en mesure de prendre en charge les différentes réalisations, en prenant en compte leurs aptitudes et compétences particulières.
A cet effet, la Commission européenne a déjà préparé un cahier des charges : elle va s’engager davantage dans la construction des infrastructures qu’aucun pays membre ne pourra prendre en charge tout seul : les réseaux de télécommunication, de transport, d’énergie, d’eau. Sans ces infrastructures l’Afrique ne pourrait pas se développer, et en plus, cela représente un énorme marché pour l’UE. Quant à l’Union Africaine (UA), elle doit comprendre que si elle veut faire de l’appropriation, elle doit s’associer aux organisations régionales, aux ONG.
Il faut donc situer l’aide au développement dans son contexte : elle est non seulement un devoir d’humanité, mais est étroitement liée aux questions de terrorisme (contre lequel on ne peut pas lutter durablement uniquement par des moyens militaires), d’immigration, de sécurité, de commerce, de recherche et développement, etc. Elle est un facteur important dans les relations extérieures.
En conclusion de son intervention, M. Louis Michel a abordé le sujet très important de la politique africaine française, qui devrait également évoluer : la France a un rôle majeur en Afrique, mais a souvent du mal à se positionner.
Louis Michel est une figure de la politique belge. Il a œuvré tout au long de sa carrière pour l’image de la Belgique à l’international, l’information du citoyen et l’Europe. En 2004, il devient Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire.
Le Président de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), Jean-Paul Costa, était l’invité des Rencontres du Cercle des Européens - L’Express, le 20 mai 2010. Présentant les forces et faiblesses de "la Cour de Strasbourg", Jean-Paul Costa a expliqué qu’après 60 ans d’existence, celle-ci se trouvait à un tournant de son histoire. Il a ainsi présenté le processus de réforme engagé lors de la conférence d’Interlaken. Le Président Costa a éclairé les enjeux de la ratification par l’UE de la Convention européenne des droits de l’Homme, qui malgré les obstacles à surmonter, marque "la construction d’un espace juridique européen".
28 mai 2010
Député européen depuis 1994 et ancien Président du groupe ADLE, Graham Watson, était l’invité des rencontres du Cercle des Européens, le 15 avril 2010. Il a décrit un Parlement européen qui fort des nouveaux pouvoirs conférés par le traité de Lisbonne, "est aujourd’hui plus responsable". Voyant dans le développement des énergies renouvelables, "la prochaine grande idée pour l’Europe", le Député a estimé que l’UE devait continuer seule à "décarboniser son économie". A l’approche des élections britanniques et après le retrait des conservateurs du groupe PPE, Graham Watson a fait part de son "inquiétude" quant à l’évolution de la politique européenne de son pays.
15 avril 2010
Ancien Ministre des Finances et Président de la Banque centrale de Pologne, Leszek Balcerowicz était l’invité des rencontres du Cercle des Européens, le 11 mars 2010. En plein débat sur les déficits au sein de la zone euro et sur les conditions de la reprise économique, il a appelé à la mise en œuvre de "politiques crédibles de consolidation des finances publiques", pointant du doigt l’échec des politiques macro-économiques comme la véritable cause de la crise. Dressant le bilan de la transition économique des anciens pays du bloc communiste, il s’est livré à un plaidoyer en faveur du capitalisme et des réformes. Membre du comité de Larosière, il a souligné les grands enjeux de la régulation financière.
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