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Les femmes de la Commission Barroso

22 novembre 2004

De gauche à droite : 1er rang, assis : Margot Wallström, vice-présidente (relations institutionnelles et stratégie de communication) ; Viviane Reding (société de l’information et médias) 2e rang : Benita Ferrero-Waldner (relations extérieures et politique européenne de voisinage) ; Mariann Fischer Boel (agriculture et développement rural) ; José Manuel Barroso, président ; Danuta Hübner (politique régionale) ; Dalia Grybauskaite (programmation financière et budget) ; Ingrida Udre (fiscalité) ; Neelie Kroes (concurrence)

La Commission européenne, présidée par José Manuel Barroso, est officiellement entrée en fonction le 22 novembre 2004, après le vote du Parlement européen sur son investiture, quelques jours plus tôt. Parmi ses 27 membres, elle compte 8 femmes, un record dans l’histoire de la Commission européenne. La précédente Commission présidée par Romano Prodi (1999-2004) ne comptait que 4 femmes sur 20 commissaires. Suite à l’élargissement à dix nouveaux pays le 1er mai 2004, ce nombre fut toutefois porté à 7 durant quelques mois. Entre 1995 et 1999, la Commission présidée par Jacques Santer ne comptait quant à elle que 3 femmes.

La féminisation de la Commission européenne est un phénomène relativement récent puisqu’il aura en fait fallu attendre 1989, soit le deuxième mandat de Jacques Delors à la tête de la Commission, pour voir pour la première fois des femmes Commissaires européens : la grecque Vasso Papandréou et la française, Christiane Scrivener, précédemment Députée européenne (élue dès 1979) et Secrétaire d’État à la Consommation.

Comparativement, le Parlement européen s’est ouvert de façon beaucoup précoce aux femmes puisque dès la 1ère élection au suffrage universel en 1979, le pourcentage de femmes était de 16 %. En 2004 elles représentaient 31 % de l’assemblée. Cela s’explique non seulement par l’évolution de la condition de la femme en Europe, de moins en moins cantonnée sur la famille et la maison, mais également par le système de la représentation proportionnelle intégrale qui favorise l’accès des candidats moins connus.

La représentation des femmes au sein de la Commission Barroso reflète bien la politique européenne en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, une valeur fondamentale du droit communautaire. Dès 1996, le Conseil recommandait ainsi aux Etats membres d’adopter des mesures visant à promouvoir la participation équilibrée des femmes et des hommes aux processus de décision . Malgré les progrès accomplis dans différents domaines de la vie sociale, le milieu politique reste un bastion où les femmes sont encore sous-représentées, en particulier aux hautes postes de responsabilité. La Stratégie-cadre communautaire en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, adoptée en 2000, pour la période 2001-2005 souligne que "La sous-représentation persistante des femmes dans les différents domaines de la prise de décision politique entretient l’existence d’un déficit démocratique". En dépit des progrès de la participation des femmes à la prise de décision politique (par exemple par l’instauration de quotas) et à la prise de décision économique et sociale (par la réalisation de statistiques et la formation), le document recommande une meilleure représentation des femmes au sein même de la Commission européenne.

Celles-ci occupent certes déjà des fonctions tout à fait stratégiques au regard de l’intégration européenne, 7 d’entre étant anciennes ministres.

Il faut tout d’abord souligner la position de Margot Wallström (suédoise), première Vice-présidente de la Commission, an charge des Relations institutionnelles et Stratégie de communication. Le portefeuille de la Concurrence, à la base de l’édification du marché unique et du développement de l’économie européenne est détenu par Neelie Kroes (hollandaise). Mariann Fischer Boel (danoise), en charge de l’Agriculture et du Développement rural est quant à elle responsable de la première politique communautaire – historiquement et budgétairement - : la politique agricole commune. A travers le portefeuille de la Programmation financière et du Budget, Dalia Grybauskaite (lituanienne) participe à la définition des priorités de l’Union européenne et de l’ensemble de ses politiques. Lié à l’approfondissement du marché unique, le portefeuille très sensible de la fiscalité est détenu par Ingrida Udre (lettone). Fort d’une première expérience de Commissaire au sein de la précédente Commission (en charge de l’éducation, la formation, la jeunesse, l’audiovisuel, la culture, le sport et la société civile), Viviane Reding (luxembourgeoise), a la responsabilité du secteur, devenu stratégique pour l’économie, des Télécommunications et des médias. Danuta Hübner (espagnole) reçoit le portefeuille de la politique régionale, politique d’autant plus fondamentale après le grand élargissement de 2004 aux pays d’Europe centrale et orientale fondamentale, qu’elle vise à réduire les écarts de développement entre les régions de l’Union. Quant à Benita Ferrero-Waldner (autrichienne) elle est en charge des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage, dont l’importance est la hauteur de l’ambition de rayonnement et d’affirmation de l’Union européenne sur la scène internationale.

Les femmes seront certainement de plus en plus visibles aux plus hautes responsabilités de l’Europe. Ce qui fait partie intégrante du modèle social et politique européen.