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Les élections législatives en Pologne sont un désaveu pour la politique des frères Kaczynski

22 octobre 2007

La crise au sein de la coalition gouvernementale des frères Kaczynski

En octobre 2005, l’élection présidentielle porte au pouvoir Lech Kaczynski pour un mandat de cinq ans. Ce dernier, membre du PiS (Droit et Justice), a devancé le leader libéral Donald Tusk, membre du parti de centre droit – le PO (Plate-forme Civique). Le Premier ministre désigné, Kazimierz Marcinkiewicz, bien qu’ayant obtenu la confiance de la Diète, démissionne en juillet 2006 pour protester contre les dérives du pouvoir. C’est alors que le Président de la République polonaise le remplace par son frère jumeau lui-même, Jaroslaw dont l’investiture est approuvée à la Diète obtient par 240 voix contre 205.

Le PiS n’ayant pas obtenu la majorité absolue, les frères Kaczynski ont du former une coalition entre le parti – le PiS et deux parti classés à l’extrême droite : le parti nationaliste - Auto-Défense (Samoobrona) - d’Andrzej Lepper et le parti ultra catholique - la Ligue des Familles Polonaises (LPR) – de Roman Giertych.

Mais se rendant compte de la perte de popularité des deux partis alliés, les frères Kaczynski se hâtent de se séparer de leurs dirigeants. En juillet 2007, Andrzej Lepper, est limogé de son poste de Vice-Premier Ministre en charge de l’agriculture au motif de sa mise en cause dans des affaires de corruption.

Cet épisode ouvre une crise politique au sein de la coalition, et dès le mois d’août, c’est au tour des deux ministres de la Ligue des familles polonaises (LPR) et des deux ministres restants d’Autodéfense de se faire remplacer. Souhaitant rebattre les cartes et s’assurer d’une majorité plus ample, les frères provoquent des élections législatives anticipées, le 21 octobre.

La victoire du libéral Donald Tusk

Ces élections, aux dires de tous les commentateurs, sont un désaveu pour les Kaczynski et pour le PiS. Avec plus de 40% des voix, la Plate-forme civique de Donald Tusk s’impose nettement face aux frères Kaczynski dont le parti, le PiS, enregistre un sérieux revers avec moins d’un tiers des voix (32%). Ces résultats sont largement dus au taux de participation record – pour la Pologne - de près de 55%, ce qui a permis aux électeurs des villes supporters du centre droit et du centre gauche. Celui-ci (Parti LiD) fait un modeste score de 13 % des voix alors qu’Autodéfense et la Ligue des familles s’effondrent littéralement avec respectivement 1,7% et 1,2% des voix. Le Parti paysan polonais (PSL) entre par ailleurs à la Diète avec 8,83% des voix.

Sur le plan européen, la victoire du parti de la Plate forme civique constitue un tournant par rapport à l’attitude de repli national et à l’euroscepticisme du PiS. Le futur Premier ministre, Donald Tusk n’a pas en effet tardé à annoncer sa volonté de replacer la Pologne au cœur de l’Union européenne et a déclaré que la Pologne adhérerait à la Charte des droits fondamentaux de l’Union sans demander un quelconque opt out que ce soit. Le PO, doté d’un peu moins de la moitié des sièges à la Diète, devrait en principe former une coalition avec le parti Paysan du centre entré au Parlement à la faveur de ces élections. C’est un régime de cohabitation qui s’annonce avec Donald Tusk comme chef du gouvernement avec comme Président de la République, Lech Kaczynski, dont le mandat court jusqu’en 2010. Toutefois, bien qu’élu au suffrage universel, le Président de la République en Pologne n’a constitutionnellement qu’un pouvoir limité.

Très libéral en matière économique, le PO souhaite accélérer les réformes et conduire le pays à l’adoption de l’Euro.

En savoir plus avec Nouvelle Europe :

Lire l’article : "Jaroslaw et Lech Kaczynski"

Lire l’article du 26/03/07 : "La Pologne dans le miroir de la lustration"

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