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21 août 2009
Une économie très ouverte et fortement dépendante du secteur financier
De par ses spécificités (cf fiche pays ), l’économie du Luxembourg subit de plein fouet les effets de la crise internationale. En avril 2009, le FMI soulignait que le Grand-Duché traversait sa pire récession depuis la crise de la sidérurgie des années 70. En tant qu’économie très ouverte, fortement dépendante des exportations et de la demande internationale, le Luxembourg est particulièrement vulnérable aux chocs extérieurs, comme ce fut le cas au milieu des années 70 puis au début de l’année 2001.
Née de la crise du crédit (subprimes) aux Etats-Unis à l’été 2007 et propagée à l’ensemble des marchés financiers mondiaux, cette crise frappe d’autant plus brutalement le Luxembourg que les services financiers constituent le moteur de sa croissance. Ils représentent en effet 30% du PIB du Luxembourg qui est le premier centre européen en matière de banque privée et figure parmi les 10 premières places financières du monde (n°2 pour les fonds d’investissement). La forte dépendance de l’économie luxembourgeoise au secteur financier était déjà apparue au début des années 2000 dans le contexte de ralentissement de l’économie mondiale et de crise boursière. La rechute de la croissance luxembourgeoise qui s’était produite en 2003 (de 2,5% en 2001, elle remonte à 4,1% en 2002, avant de rechuter à 1,5% l’année suivante) était alors essentiellement due à la baisse brutale de la valeur ajoutée des services financiers.
Une récession profonde et hausse inédite du chômage en perspective
Au 4ème trimestre 2008, le Luxembourg fait ainsi partie du premier wagon d’Etats européens à entrer en récession avec un recul du PIB de -0,9% sur l’année (-0,9% au 3ème trimestre et -5% au 4ème trimestre 2008 par rapport aux deux même trimestres de l’année précédente). La récession devrait s’accentuer en 2009 et atteindre selon les prévisions -3% à -4%. Au premier trimestre 2009, la contraction du PIB était de 5,4% par rapport au même trimestre de l’année précédente et de -1,5% par rapport au trimestre précédent (Eurostat PIB zone euro) . Une très légère reprise pourrait avoir lieu en 2010. Les prévisions varient entre 0,1% et 1% sur l’année.
En 2008, le résultat net du secteur bancaire luxembourgeois s’est replié de 89%. 4 établissements de crédit ont disparu de la place financière. La valeur du portefeuille géré par les organismes de placement collectifs (OPC) a quant à elle perdu près d’un quart de sa valeur par rapport l’année précédente et s’est accompagné d’un retrait de fonds inédit. Bien que restant positifs, les résultats des entreprises d’assurance vie chutent de 70% par rapport à l’exercice précédent et celui d’assurance non vie de 53% (Source : Revue de stabilité financière 2009 de la Banque centrale de Luxembourg). A la faveur d’un environnement financier international plus favorable, le secteur financier a toutefois enregistré un rebond au premier trimestre 2009.
Outre le secteur financier, l’industrie a également été fortement touchée, avec un net recul de la production. En mars 2009, elle enregistrait un recul de 29,6% par rapport au même mois de l’année 2008, soit la plus importante baisse parmi les 27 (Eurostat : Production industrielle dans la zone euro).
Les conséquence sur le marché du travail se sont faites ressentir dès la fin de l’année 2008, avec un taux de chômage en hausse de 0,7 points sur l’année. De 4,9% en 2008, celui-ci pourrait atteindre 5,5% en 2009. Selon les prévisions du gouvernement, cette hausse pourrait se poursuivre jusqu’en 2011 avec un pic à 7%, soit un niveau jamais atteint au Luxembourg depuis l’établissement des statistiques actuelles.
Des finances publiques dégradées mais qui restent les plus saines de l’UE
Bien que restant parmi les plus saines de l’UE, les finances publiques sont elles aussi impactées par la récession et ce d’autant plus que l’apport fiscal des services financiers est déterminant pour leur bonne santé. Il contribuerait indirectement et directement à 31% des recettes fiscales du pays. Alors que le Luxembourg est en excédent budgétaire depuis plus de 10 ans (hormis l’année 2004), il devrait connaitre un déficit budgétaire de 2,3% en 2009. Celui-ci pourrait se creuser en 2010 et dépasser la limite des 3% autorisée par le Pacte de stabilité. Bien qu’étant traditionnellement située à des taux très bas, la dette publique à plus que doublée en 2008, passant de 6,9% à 14,7%. Elle reste toutefois bien inférieure à celle de la moyenne des pays de l’UE qui en 2008 était de 61,5%.
Diversification de l’économie et eco-technologies au cœur du plan de sortie de crise
Le gouvernement luxembourgeois a adopté en mars 2009 un plan de relance de l’économie ("Plan de soutien à la conjoncture" ) basé sur le soutien du pouvoir d’achat et de l’activité des entreprises. Afin de préparer la sortie de crise, les pouvoirs publics cherchent d’une part à réduire la dépendance de l’économie au secteur financier [1] et d’autre part à développer des secteurs comme les nouvelles technologies de l’information et de la communication et celui du développement durable, notamment à travers les éco-technologies.
La reprise amorcée en Allemagne et en France au deuxième trimestre 2009 fournit des signes encourageants pour l’économie luxembourgeoise. 86% des exportations se font au sein de l’UE, et dont 64% vers les pays limitrophes, en premier lieu desquels la France et l’Allemagne.
Pour approfondir :
Fiche pays Luxembourg
[1] Pour approfondir lire l’étude de l’OCDE de janvier 2009 : Le secteur financier peut-il rester le principal moteur de la croissance au Luxembourg ?