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Afin de comprendre les enjeux de l’intégration européenne et nourrir le débat, le Cercle recueille le point de vue de responsables politiques et économiques ainsi que d’experts.
6 juin 2007
Interview de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Forces ouvrières. A quelques jours du sommet européen des 21 et 22 juin, les syndicats et certaines ONG s’inquiètent du sort de la Charte des droits fondamentaux de l’Union. Sera-t-elle incluse telle quelle dans le traité simplifié défendu par le Président ? Sera-t-elle "oubliée" par les Chefs d’État et de gouvernement ou se contenteront-ils d’un simple article s’y référant ?
Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Forces ouvrières, analyse le contenu et les avancées de la Charte des droits fondamentaux.
Le Cercle des Européens : Sous quelle forme doit exister la Charte dans le traité simplifié ?
Jean-Claude Mailly : Pour FO et au sein de la Confédération européenne des syndicats, il y a unanimité pour dire qu’elle doit figurer telle quelle dans le traité. On ne se contentera pas d’un simple article qui s’y relaterait ! D’ailleurs, nous organisons un grand rassemblement des organisations européennes membres de la confédération le 20 juin à Bruxelles, à la veille du sommet. Cette charte permet de rééquilibrer la composante économique et la composante sociale de l’Europe même si ce n’est pas encore suffisant. Si elle ne figure pas telle quelle dans le traité, nous verrons quels types d’actions il faut engager…
La Charte est donc une bonne chose pour l’Europe sociale…
C’est vrai que cette Charte conforte la notion de liberté. Liberté de négociation, de consultation, le droit à la sécurité sociale… Cependant notre plus grande source d’insatisfaction, c’est l’absence du droit de grève au niveau européen. Si on veut lancer une grève de 4h dans tous les pays européens, les ouvriers français pourraient suivre le mot d’ordre mais pas les ouvrier britanniques ou néerlandais à cause de leurs législations nationales. Je trouve d’ailleurs très dommage qu’en imposant des annexes complexes d’interprétation à cette Charte, les Britanniques veuillent échapper à ses dispositions…
Que faudrait-il encore faire pour rendre l’Europe plus sociale ?
Au sein de la Confédération européenne, c’est à FO que nous sommes les plus exigeants quant au contenu social de la Charte. Pour l’instant, le premier droit qui prime en Europe, c’est la libre concurrence. La Charte ne protège pas suffisamment les services public. Prenons un simple exemple : EDF et GDF. Tout le monde reconnaît que les synergies économiques et sociales seraient une bonne chose pour les deux entreprises. Mais on nous dit : « Bruxelles n’acceptera pas ! ». C’est pour moi une contradiction entre la rigidité des traités et le bon sens. Je pense d’ailleurs que si on veut rééquilibrer encore davantage l’Europe économique et l’Europe sociale, il faudra de toute façon revenir et revoir les traités précédents !
Député européen (ADLE), membre de la commission du Développement et rapporteur permanent au Parlement européen sur l’aide humanitaire, Thierry Cornillet expose les principes et les réalisations de la politique européenne d’aide au développement, dans un contexte marqué par la crise alimentaire mondiale. A l’origine de résolutions du Parlement sur la situation en Birmanie et en Chine après les terribles catastrophes naturelles qui ont frappées ces deux pays, Thierry Cornillet plaide pour l’affirmation du principe de la "responsabilité de protéger".
16 juillet 2008
Docteur en histoire, auteur du livre : Soixante ans d’amours contrariées. Les relations franco-israéliennes de 1948 à aujourd’hui, Paul Marcus tire un premier bilan du somment de Paris qui a marqué le lancement de l’Union pour la Méditerranée. Selon lui ce sommet revêt une dimension historique à double titre : d’une part il a permis de remettre la France dans le jeu diplomatique et d’autre part il a réuni autour de la même table, dirigeants arabes et israéliens.
15 juillet 2008
Directeur de recherche au Centre d’Etudes et de Recherches Internationales (CERI) de Science Po, spécialiste des questions européennes, Christian Lequesne analyse les raisons du rejet par les Irlandais du traité de Lisbonne et ses conséquences au regard de la poursuite de l’intégration européenne. Affirmant que l’Union fonctionne "relativement bien" avec le traité de Nice, il considère avant tout que l’abandon du traité de Lisbonne signifierait, après 10 ans de négociations, "que les Etats n’arrivent plus à se mettre d’accord". Selon Christian Lequesne l’Union doit à présent se concentrer sur les politiques communes pour regagner de la légitimité.
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