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Le Cercle des Européens vous propose d’approfondir la connaissance et la compréhension des 27 Etats membres de l’Union européenne à partir d’articles d’actualité et de Fiches pays réalisées en partenariat avec Nouvelle Europe.

Nom officiel : République de Hongrie
Superficie : 93 032 km²
Population : 10,03 millions
Capitale : Budapest
Monnaie : Forint (HUF)
Taux de croissance : 0,6 % en 2008 / -6,3% en 2009
Taux de chômage : 7,8 % en 2008 / 10 % en 2009
Déficit public : -3,8 % en 2008 / -4 % en 2009
Dette publique : 72,9 % en 2008 / 78,3 % en 2009
Taux d’inflation : 6 % en 2008 / 4 % en 2009
PIB par habitant* : 64,4 % en 2008
*exprimé par rapport à la moyenne de l’Union européenne (EU-27) fixée à 100
La victoire du MDF (Forum Démocratique Hongrois) au lendemain des premières élections libres de mars 1990 marqua le revirement de la Hongrie vers la Communauté économique européenne (CEE). Avec la Pologne, elle fut la première à profiter du programme d’aides communautaires PHARE (H pour Hongrie), ce qui permit de faire sensiblement évoluer et réformer l’économie. Après la ratification des accords d’association, la Hongrie se déclare fin mars 1994 candidate à l’adhésion à l’Union européenne. Les négociations débutèrent quatre ans plus tard, pour s’achever en 2003, avec la signature du traité. Après référendum, les Hongrois – bien qu’il n’y eut que 45.6% de participation – votèrent à 84% pour l’adhésion. Le 1er mai 2004, la Hongrie intégrait l’Union, et en décembre 2007, l’Espace Schengen.
La République de Hongrie a été proclamée le 23 octobre 1989. La Constitution du 20 août 1949 a été amendée en octobre 1989. Elle instaure un régime parlementaire.
Le Président de la République (Pal Schmitt, candidat du Fidesz, depuis juin 2010) est élu pour un mandat de 5 ans par l’Assemblée nationale (Magyar Országház) pour cinq ans et ne possède qu’un titre honorifique : il est le chef des armées et nomme, de manière solennelle, le Premier ministre, qui est le chef du gouvernement et propose les lois. Le système parlementaire est monocaméral.
L’Assemblée nationale compte 386 députés, élus au suffrage universel direct pour quatre ans. Le mode de scrutin conjugue un scrutin uninominal à deux tours et un scrutin proportionnel : 176 députés sont issus de circonscriptions individuelles et 210 des listes départementales et nationales.
La Hongrie est divisée en 7 régions, en charge de la politique régionale, et 19 megye (comtés). Au niveau local on dénombre 3169 communes (qui incluent villes et villes à statut de comté [toute ville de plus de 50.000 habitants peut être constituée en ville ayant le statut de comté]), dont Budapest qui jouit d’un statut spécifique. Elles sont en charge des affaires publiques locales.
Les élections législatives qui se déroulaient les 11 et 25 avril 2010, ont vu l’écrasante victoire de la droite conservatrice (Fidesz), de Viktor Orban, ancien Premier ministre (1998-2002). Au pouvoir depuis 2002, le Parti socialiste (MSZP), emmené par Attila Mesterhazy, a subi une très lourde défaite. Le scrutin a également été marqué par la percée du parti d’extrême droite, Jobbik, qui devient la troisième force politique du pays.
A l’issue de premier tour de l’élection, le Fidesz est arrivé largement en tête, avec 52,7% des voix, tandis que le Parti socialiste s’est effondré, avec seulement 19,3% des voix alors qu’il réalisait 43,2% lors de l’élection de 2006. Conduit par Gabor Vona, le Parti d’extrême droite, Jobbik, dont on annonçait des scores proches du MSZP, a réalisé un score inédit de 16,7% des voix. Le Parti a confirmé les bons scores obtenus lors des élections européennes du 7 juin 2009 (14% des voix).
Le second tout de l’élection a conféré au Fideszune très confortable majorité des deux tiers des sièges au Parlement, soit 263 sièges sur 386. Le MSZP ne compte quant à lui plus que 59 députés, contre 186 dans l’assemblée sortante. Le Parti d’extrême droite, Jobbik, qui n’était pas représenté dans l’assemblée sortante, obtient 47 sièges.
Si en 2006, le gouvernement socialiste, dirigé Ferenc Gyurcsányi, devenait le premier gouvernement depuis l’indépendance du pays à être reconduit, celui-ci a payé très chèrement la politique d’austérité menée depuis le début de second mandat et qui visait à résorber l’immense déficit (-9,3% en 2006). Bien qu’ayant portées ses fruits (-5% en 2007 et -3,8% en 2008), ces mesures douloureuses ont plongé le gouvernement dans l’impopularité. La crise financière et économique est venue s’ajouter à ces difficultés. La Hongrie a en effet été l’un des pays de l’UE les plus durement touchés (avec une récession de -6,3% en 2009) et également le premier à devoir recourir à l’aide du FMI, dès octobre 2008. Cette situation économique particulièrement difficile, matérialisée par forte hausse du chômage (aux alentours de 11% en février 2010), a renforcé la crise politique et contraint le Premier ministre, Ferenc Gyurcsany a présenter sa démission, le 21 mars 2009. Souhaitant éviter de convoquer de nouvelles élections dans un contexte aussi défavorable, les socialistes ont déposé une "motion de censure constructive", permettant changer de chef de gouvernement sans dissoudre le Parlement. Gordon Bajnai, jusqu’alors ministre de l’Economie avait alors été désigné Premier ministre. Economiste de formation, issu du monde des affaires, Gordon Bajnai a mis en œuvre durant une année un plan de rigueur très sévère, répondant ainsi aux exigences du FMI et des autres bailleurs de fonds (Banque mondiale et UE). Celui-ci avait indiqué dès son entrée en fonction ne pas vouloir se présenter aux élections législatives d’avril 2010.
Membre fondateur du Fidesz et plus jeune Premier ministre de la Hongrie en 1998 – il était alors âgé de 35 ans - Viktor Orban a été désigné pour la seconde fois Premier ministre. Il a annoncé le 3 mai la formation d’un gouvernement très resserré (8 ministres au lieu de 14 dans le gouvernement sortant) dont la priorité sera la relance de la croissance et la consolidation budgétaire, entamée par les socialistes.
Gyorgy Matolcsy, économiste, ancien directeur à la BERD et auteur du programme économique du Fidesz en 1998 et 2010 est en charge du nouveau Ministère de l’Economie et du Développement. Janos Martonyi retrouve le poste de Ministre des Affaires étrangères qu’il occupait lors du premier gouvernement Orban de 1998 à 2002.
Après la chute du Mur de Berlin, le premier gouvernement hongrois se lança dans de profondes réformes structurelles pour transformer le pays en économie de marché et l’insérer dans l’économie mondiale : des réformes structurelles qui ont obtenu de bons résultats : privatisations, assainissement du système bancaire, réglementation des investissements étrangers, allègement de la fonction publique, hausse des impôts.
Le milieu des années 1990 fut caractérisé par une récession économique et une hausse de l’inflation et du chômage. Si l’inflation a été maîtrisée suite à l’adhésion, la Hongrie la voit augmenter de nouveau en 2007. Cela est en partie dû à l’important déficit budgétaire et une dette publique en augmentation.
L’assainissement des finances publiques constituent donc le principal objectif du gouvernement de Ferenc Gyurcsányi. En 2006 celui-ci s’est en effet engagé auprès de la Commission européenne à mettre en place un programme de convergence afin de se rapprocher des critères de Maastricht dans la perspective du passage à l’euro. La Hongrie espère ainsi pouvoir ramener son déficit public à 3,2% en 2009 pour ensuite atteindre le plafond 3% en 2009, alors qu’il se situe aujourd’hui 5,5% du PIB (2007). Bien que la tâche reste encore difficile, il faut noter qu’en 2006, le déficit atteignait le taux record de 9,2% du PIB. La dette publique est quant à elle de 66% du PIB et devra redescendre sous la barre des 60%. Compte tenu de ces résultats, l’adoption de l’euro devrait se faire entre 2011 et 2013, selon le ministre de l’Economie hongrois Janos Koka.
Le gouvernement doit de plus faire face à une progression constante du chômage depuis 2001. De 5,7% en 2001, il est passé à 7,4% en 2007. Le taux de croissance a également considérablement chuté entre 2006 et 2007 en passant de 3,9% à 1,3%. En 2009 le taux de croissance pourrait s’établir à 1,9%.
Selon la légende, sept tribus hongroises – ou magyares – seraient arrivées vers 895-86. L’organisation de l’Etat et la christianisation des populations furent conduites par le Prince Géza, mais surtout par son fils, Saint-Etienne, premier roi hongrois. Le pays eut à subir les invasions des Mongols, Tartares et Ottomanes. Le roi Mathias Corvin réalisa l’expansion territoriale du pays, ouvrant une période de stabilité jusqu’en 1526, date à laquelle le pays fut divisé entre Habsbourg et Ottomans. Après que les premiers eurent éliminés les derniers, l’Autriche plaça un régime absolutiste qui rencontra une vive opposition.
Lors de la révolution de 1848, les Hongrois revendiquèrent un Etat libre. Avec l’aide de la Russie, l’Empereur François-Joseph Ier réprima la révolte dans le sang. En 1867, l’Autriche acceptait de donner une Constitution à la Hongrie, tout en restant sous sa tutelle. En sortant de la Première Guerre mondiale aux côtés des vaincus, la Hongrie fut amputée des deux-tiers de son territoire avec le Traité de Trianon. Le traumatisme fut grand, et contribua au rapprochement avec l’Italie et l’Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale.
"Libéré" par l’URSS, le territoire connut, comme les autres, une période de soviétisation, à laquelle les habitants de Budapest s’opposèrent en 1956 au cours de la fameuse insurrection qui coûta la vie, entre autres, au Premier ministre Imre Nagy. Sous l’effet des réformes de Gorbatchev, la démocratisation du régime s’amorça, la Hongrie proclamant son indépendance le 23 octobre 1989. Elle fut l’un des premiers pays à adhérer à l’OTAN en 1999.
Particularités
La Hongrie est le pays de nombreuses inventions célèbres ! Ainsi l’étrier, inventé par les cavaliers avars, l’allumette par le chimiste János Irinyi, le stylo bille par László Biró en 1938, ou encore le Rubik’s Cube par Ernõ Rubik en 1974.
Langue
Le hongrois est une langue finno-ougrienne, non apparentée aux langues indo-européennes. Elle fait ainsi partie de la même famille que l’estonien et le finnois, mais aucune d’entre elles ne sont intercompréhensibles.
Tradition
Le folklore hongrois se caractérise par les costumes et la musique folkloriques (ne pas confondre avec la musique tzigane !), mais aussi des danses folkloriques comme le "csárdás" ; les traditions populaires sont souvent liées aux fêtes religieuses. Pour des raisons historiques, les traditions hongroises ont été influencées par d’autres cultures comme les folklores tzigane, juif (le klezmer), slovaques, roumains, allemand, etc.
La Hongrie célèbre trois fêtes historiques : le 15 mars est la fête nationale commémorant l’anniversaire de la révolution de 1848 ; le 20 août célèbre la naissance de l’Etat hongrois et enfin, le 23 octobre est l’anniversaire de l’insurrection de 1956 contre les Soviétiques.
Cuisine
Un repas traditionnel hongrois est composé d’une soupe (leves) comme entrée, d’un plat principal copieux avec de la salade ou des petits légumes au vinaigre (savanyúság) et d’un dessert. Il ne faut pas oublier le pain, qui accompagne tous les repas. Quelques plats sont à goûter impérativement : le gulyásleves (viande, oignons, paprika et pommes de terre), le paprikás csirke (poulet au paprika accompagné de gnocchis hongrois, les galuskas). La Hongrie est en effet le pays du paprika. Comme dessert vous pourrez goûter des túróspalacsinta (crêpes aux raisins et fromage blanc), gundel palacsinta (crêpes au chocolat, raisins secs, orange confite et noisettes), différents formes de rétes (strudels) ou des gâteaux, comme le Dobos-torta (gâteaux fourré du chocolat, couvert par du sucre caramélisé).
Sports et loisirs
La marche à pied et le vélo sont des moyens de découvrir Budapest et sa campagne. Le sport le plus populaire est le football, même si les triomphes remontent à l’époque de l’Equipe d’Or (avec Ferenc Puskás). Les autres sports populaires sont la natation, le water-polo, le handball, la boxe et le motocyclisme, dans lesquels les sportifs hongrois sont montés sur les podiums mondiaux.
Littérature
La littérature hongroise est riche de plusieurs grands écrivains et poètes tant de nos jours que dans les siècles passés. Sándor Petőfi reste le poète emblématique de la révolution de1848, János Arany une figure des ballades. A l’étranger on parle davantage de Sándor Márai, qui a été redécouvert au début des années 1990 grâce à l’édition française de son oeuvre Les Braises, Magda Szabó qui reçut le prix Femina en 2003 pour son livre La porte et Imre Kertész qui a obtenu le prix Nobel de littérature en 2002 pour son œuvre le Etre sans destin".
Patrimoine
La ville de Budapest est l’un des hauts lieux du patrimoine hongrois, avec son château, l’église Mathias, le bastion des pêcheurs (Halászbástya), le Parlement (qui abrite aussi la couronne de Saint Etienne), la Vörösmarty tér (vieille ville), le boulevard Andrássy donnant sur la place des Héros (Hősök tere), le quartier juif, l’Opéra, sans oublier les bains, les fürdő, qui sont très populaires aussi bien en été qu’en l’hiver.
Le lac Balaton, le plus grand d’Europe, accueille dans ses environs de très beaux monuments : Veszprém, la ville des Reines, ou le château des Festetics à Keszthely. En 2010, la ville de Pécs, au sud du pays, sera capitale européenne de la culture. Elle abrite la première université de Hongrie (fondée en 1367), la Széchenyi tér (place centrale) et son église catholique et sa grande mosquée.
Arts
Dans le pur style classique, semblable à un temple grec à colonnes corinthiennes, le Magyar Nemzeti Múzeum (Musée National Hongrois) sensibilise le visiteur à l’histoire du pays. Sur la place des Héros se trouve le Musée des Beaux-Arts qui célèbre actuellement le 550e anniversaire du couronnement de roi Mathias autour de thématique "Année Renaissance en Hongrie".
Il y a également la Galerie des Arts qui se consacre essentiellement à l’art moderne. Quelques peintres hongrois connus : Mihály Munkácsy, Gyula Benczúr, László Mednyánszky.
Cinéma
Bien que cela puisse paraître étonnant, il y a plein de Hongrois célèbres dans le monde du cinéma international ! Dès les années 1930 et 1940, on trouve des émigrés Hongrois honorés par des Oscar dans la catégorie des films en langue étrangère : Mihály Kertész pour Casablanca en 1944, George Cukor pour le My Fair Lady en 1964, Vilmos Zsigmond pour Rencontres du troisième type en 1977. Les prix les plus récents sont ceux de István Szabó pour le Mephisto et l’animation de Ferenc Rófusz, La mouche, obtenus tous les deux en 1981.
Musique
La musique hongroise et plus associée à la musique classique et à la musique folklorique. Parmi les compositeurs les plus célèbres, il convient à mentionner Franz Liszt (1811-1886) dont l’Académie de musique de Budapest porte aujourd’hui le nom. Ses célèbres rhapsodies (Magyar Rapszódiák) retranscrivent le folklore tzigane. Un autre compositeur célèbre est Zoltán Kodály (1882-1967), qui a consacré sa vie à la collection des chants folkloriques hongrois dans les villages. Il convient aussi de mentionner Béla Bartók (1881-1945) qui nous a donné des œuvres comme Le Château de Barbe Bleu (opéra), Le Mandarin merveilleux (ballet) et d’innombrables œuvres pour piano. Márta Sebestyén essaie de préserver cette richesse folklorique et sa chanson "Szerelem, szerelem" dans Le Patient anglais, reçut l’Oscar de la meilleure BO en 1996.
Ambassade de Hongrie en France
Ambassade de France en Hongrie
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Le 3 janvier 2010