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Le Cercle des Européens vous propose d’approfondir la connaissance et la compréhension des 27 Etats membres de l’Union européenne à partir d’articles d’actualité et de Fiches pays réalisées en partenariat avec Nouvelle Europe.

Nom officiel : République d’Estonie
Superficie : 45 227 km²
Population : 1,4 millions
Capitale : Tallinn
Monnaie : Couronne estonienne
Taux de croissance (2007) : 7,1 %
Taux de chômage (2007) : 4,7 %
Taux d’inflation (2007) : 6,7 %
PIB par habitant* (2007) : 72,1
*exprimé par rapport à la moyenne de l’Union européenne (EU-27) fixée à 100
Après avoir été séparée de l’Europe de l’Ouest pendant cinquante ans par le Rideau de Fer, l’Estonie a su combiner une transition économique volontariste avec une utilisation rationnelle des fonds européens. Fin 1995, elle présente son dossier d’adhésion à l’Union, les négociations ne s’ouvrant néanmoins que quatre ans plus tard, pour s’achever en décembre 2002. Le Conseil européen valide l’adhésion en avril 2003 et l’Estonie signera le traité deux jours plus tard, l’adhésion ayant été approuvée par référendum par près de 69% des Estoniens. Elle fait ainsi son entrée dans l’Union européenne le 1er mai 2004. Ce volontarisme européen s’est traduit par l’entrée dans l’espace Schengen le 21 décembre 2007. Néanmoins, les portes de la zone euro sont toujours fermées à Tallinn en raison d’une inflation trop forte.
L’Estonie est une République parlementaire, dont le Président, qui a essentiellement un rôle représentatif, (Toomas Hendrik Ilves, depuis le 9 octobre 2006) est élu pour cinq ans par le Riigikogu (l’unique chambre du Parlement), composé de 101 députés élus pour quatre ans au scrutin proportionnel.
L’Estonie est découpée en 15 maakond (provinces/comtés) et 241 communes. Celles-ci jouissent d’une large autonomie.
En mars 2007, les Estoniens ont élu leurs représentants au Riigikogu. L’année précédant les élections, les partis Res Publica (Res) et l’Union pour la Patrie (I) – deux partis libéraux et nationalistes - ont fusionné pour former désormais l’Union pour la Patrie-Res Publica (IRL), espérant ainsi renforcer leur place au Parlement. Le Premier ministre a vu ce scrutin comme le signe d’une nouvelle stabilité politique en reconduisant pour la première fois de son histoire récente un gouvernement. L’enjeu semble en effet davantage se porter sur le futur partenaire de coalition que sur le gagnant même de ces élections.
Le parti de la Réforme du Premier ministre Andrus Ansip sort grand gagnant (près de 28% des votes), remportant 12 sièges supplémentaires par rapport aux précédentes élections, suivi par le parti du Centre d’Edgar Savisaar (26%). Devant cette victoire historique, les partis d’opposition accusent un sévère échec. Seuls les sociaux-démocrates sont en progression. Les Verts (EEE), créé fin 2006, ont quant à eux atteint leur objectif en dépassant le seuil des 5% faisant ainsi leur entrée au Parlement. La lutte contre l’abstention ayant fait l’unanimité de la classe politique, le pari de la participation est également réussi, celle-ci atteignant près de 62%, en augmentation pour la première fois depuis l’indépendance.
Pour cette nouvelle mandature, la concrétisation de la réussite actuelle de l’Estonie, sera une priorité pour le nouveau gouvernement qui devra aussi compter sur une probable réforme salariale et un débat sur l’imposition (taux unique ou progressivité), tout en veillant à l’inflation. Le pays souhaite en effet adopter la monnaie unique à l’horizon 2010. Durant la campagne, le nouveau Président avait tenu à recentrer les débats autour du rôle que devrait jouer l’Estonie au sein de l’Union européenne. Enfin, la question énergétique sera primordiale (ressources, développement durable, énergies renouvelables).
La transition économique radicale de l’Estonie sous l’impulsion du Premier Ministre Mart Laar (1992-1994 et 1999-2002) a été fortement inspirée des théories de la "thérapie de choc" en vogue à Washington à cette époque et des travaux de l’économiste américain Milton Friedman. Cette libéralisation (impôt à taux unique, lutte contre la corruption et les privilèges, privatisations) s’est accompagnée d’un véritable "miracle économique estonien", ce qui a considérablement contribué à attirer les investissements étrangers. L’Estonie commerce essentiellement avec les pays nordiques, la Suède et la Finlande étant ses principaux clients, mais également avec l’Allemagne.
Le pays a profité d’une certaine tradition "d’usine technologique de l’URSS" pour se spécialiser dans l’électronique de pointe et les logiciels de télécom (Skype), en profitant notamment de certaines délocalisations de ses voisines nordiques. Elle jouit ainsi d’un taux de chômage faible (4.2% en juillet 2006) Le principal défi de l’Estonie aujourd’hui réside dans la maîtrise de son inflation, qui reste très importante : 4.4% en 2006 et 6,7% en 2007.
Les origines de la colonisation de l’actuelle Estonie restent peu connues. Les premiers habitants commerçaient avec les Vikings. Au XIIIe siècle, la région fut envahie par les Allemands, dominée par l’Ordre des Porte-Glaive et christianisée. L’arrivée des chevaliers s’accompagna d’une forte germanisation du sud du pays alors que le nord resta pendant une partie du Moyen-Âge sous la domination danoise. Au XVIe siècle, l’Ordre ne résista pas aux appétits des Suédois puis des Russes. La victoire de ces derniers dans le premier tiers du XVIIIe siècle inaugura une longue domination de Saint-Pétersbourg.
Dès la fin du XIXe siècle, des mouvements nationalistes comme les "Jeunes Estoniens" entamèrent le combat pour l’identité estonienne, ce qui aboutit à une première indépendance du pays en 1918. La vie politique se radicalise dans les années 1930 devant la menace soviétique. Celle-ci se confirma par l’occupation du pays à partir de 1940 et une soviétisation brutale qui aboutit à la déportation de nombreux Estoniens. Après une occupation nazie, le pays est réintégré à l’URSS dont il fut pendant cinquante ans l’une des républiques les plus riches, largement russifiée. L’Estonie retrouve son indépendance en 1991.
Aujourd’hui encore, les problèmes liés à la présence minoritaire des Russes ne sont pas réglés, comme en témoigne les récentes polémiques sur le déboulonnage de la statue d’un soldat de l’Armée Rouge, présentée par les Estoniens comme le symbole du joug soviétique, interprétation contestée par Moscou et les russophones d’Estonie.
Particularités
L’Estonie est l’un des pays où les taux d’équipement en nouvelles technologies est le plus élevé en Europe. Lors des élections, les citoyens peuvent ainsi se rendre à des bornes Internet pour voter, tandis que les réunions des ministres peuvent avoir lieu par le biais de la vidéoconférence.
Langues
La langue officielle est l’estonien (apparenté au finnois), mais le russe est aussi couramment parlé par la minorité russophone, qui représente entre un cinquième et un quart de la population.
Traditions
Le "Festival de la Chanson", qui a lieu tous les cinq ans, regroupe plus de 30 000 chanteurs et musiciens, et 100 000 spectateurs pendant plusieurs jours.
Le "Festival de la Vieille Ville" , qui a lieu le 2ème week-end de juin à Tallinn, est réputé pour son marché médiéval, ses défilés, et son élection du Prince et de sa Princesse de Mai. La "Jaanipäev", la Saint-Jean, célèbre le solstice d’été avec des feux de joie durant la nuit du 23 au 24 juin.
Cuisine
Pour manger estonien, il vous faudra découvrir des entrées, telles que des blinis aux œufs de saumon ou de la hapukapsa (soupe à la choucroute), de la seljanka (soupe à la viande), du borchtch (soupe à la betterave rouge). Ses plats principaux sont composés de poissons (harengs, saumon, brochet, anguille, truite), de gibier (accompagné en général de galettes de pommes de terre, champignons, oignons, avec de la sauce à la crème), du porc (cuisiné de multiples façons : escalope, ragoût, mariné ou en carbonade, avec de la choucroute ou des pommes de terre). Pour finir un repas estonien traditionnel, vous devrez goûter le célèbre gâteau de semoules estonien, accompagné d’une salade de fruits et de baies.
Sports et loisirs
Tout dépend de la saison : en hiver, ce sont notamment le patin à glace ou le ski de fond. En été, les Estoniens et les touristes pratiquent les randonnées à pied, à cheval ou à vélo, la pêche, ou encore des sports nautiques sur la mer Baltique.
Littérature
L’Estonie compte plusieurs auteurs emblématiques, et notamment le fer de lance du nationalisme estonien, Friedrich Reinhold Kreutzwald, dont le plus célèbre roman, Le Fils de Kalev, raconte l’histoire d’un héros culturel estonien qui cherche à racheter ses fautes après la malédiction d’un forgeron finnois dont il a tué le fils. Son épopée s’achève mal puisque le héros périra les jambes coupées, avant d’être enchaîné par les dieux aux portes de l’Enfer afin de les garder.
Citons aussi Anton Hansen Tammsaare et son chef-d’œuvre en cinq volumes, Vérité et Justice (1926-1933), qui raconte l’histoire d’Indrek, un paysan qui devient intellectuel, participe à la révolution à Tallinn en 1905, et devient maître d’école. Il finit par s’interroger sur le but de l’existence de l’homme sur Terre et achèvera sa quête en se résignant à obéir aux forces qui dictent tout destin.
Patrimoine
La ville de Tallinn est divisée en trois parties : la "ville haute" avec ses remparts, le château de Toompea (où siège le Parlement) et la cathédrale orthodoxe russe Alexandre Nevski. C’est dans la "ville basse" que l’on trouve la plus ancienne rue de la ville – la rue Pikk – et l’hôtel de ville du XVe siècle. Enfin, la "ville moderne" abrite le musée de l’occupation soviétique et du combat pour la liberté.
Le château Kadriorg, à l’extérieur de la capitale, a été bâti entre 1718 et 1725 à la demande de Pierre le Grand pour sa femme Catherine, dont la vallée porte son nom. Son parc accueille le "Festival de la chanson" et ses milliers de chanteurs et spectateurs.
Arts
Le musée d’art estonien – le Kumu –, situé dans le parc Kadriorg à Tallinn, regroupe, sur une superficie de cinq hectares, toutes les collections d’art du pays, du XVIIIe siècle au XXIe, y compris une collection d’art soviétique qui s’illustre par les dizaines de bustes de Lénine, Staline et autres héros de la Révolution, s’alignant sur l’un des plus grands murs du musée.
Cinéma
L’Estonie produit essentiellement des courts ou des moyens-métrages, et quelques films d’animation. Deux films retiennent cependant l’attention : outre le film d’animation Frank et Wendy, de Priit Tender (nominé au Festival d’Annecy en 2005), mettant en scène les aventures rocambolesques de deux agents secrets, citons La Révolution des cochons (primé au Festival du Film de Moscou) de Jaak Kilmi et Rene Reinumagi, qui met en scène des étudiants dans un camp soviétique des Jeunesses Communistes Estoniennes, et dont le séjour, normalement dédié à faire honneur à l’URSS, commence et s’achève par une gigantesque fête, symbole de désobéissance civique.
Musique
Les fêtes du chant ont été classées au patrimoine culturel de l’Unesco. Arvo Pärt est le compositeur estonien le plus connu. Associé au mouvement de la musique minimaliste, il est censuré par le pouvoir soviétique dans les années 1970, et finira par quitter l’Estonie pour Vienne, où il obtiendra la nationalité autrichienne, puis s’installera à Berlin-Ouest. Outre son pays natal, son succès est certain aux Etats-Unis (où il deviendra membre de l’American Academy of Arts and Letters) et sa renommée lui valut d’être choisi par Gus Van Sant pour la bande originale de son film Gerry, sorti en 2002.
Portail touristique officiel de l’Estonie
Ambassade de France en Estonie
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