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Parcours d’Européens

Le Cercle revient sur les parcours des grandes personnalités de la scène nationale, européenne et internationale afin de mettre en lumière la façon dont ils ont "rencontré l’Europe"

David Wright

David Wright. ©Commission européenneL’Europe, une vocation familiale chez les Wright

Expert de réputation mondiale en matière de marchés financiers, David Wright, de nationalité britannique a, par une heureuse coïncidence, été nommé directeur général adjoint « Marché intérieur et Services » à la Commission européenne le jour même de sa venue dans le cadre des Rencontres du Cercle des Européens le 27 novembre 2007.

Cette nomination, très attendue, Wright la doit à son talent et ses compétences. Ce haut fonctionnaire de la Commission, qui y a commencé sa carrière très jeune, a gravi avec brio tous les échelons de l’administration communautaire en laissant à chaque fois à ses collègues le souvenir d’un travailleur acharné, à l’humour subtil et à la compétence sans faille.

Le sens de l’humour est dans la culture britannique. Mais la foi en l’Europe, une foi teintée d’optimisme, est une autre particularité de David Wright qu’il partage cette fois-ci avec son frère jumeau – Richard – également haut fonctionnaire de la Commission, actuellement directeur à la Direction générale des Relations Extérieures. Comme si pour David et Richard, le service de l’Europe ne pouvait être qu’une vocation familiale.

Conseiller des Présidents et de membres influents de la Commission

David Wright a toujours été aux avants postes dans des périodes difficiles ou pour gérer des dossiers délicats. Ainsi, c’est en pleine crise pétrolière qu’il entame sa carrière dans une unité en charge des statistiques sur le pétrole et le gaz. Puis il s’affirme comme un fonctionnaire particulièrement inventif et influent au sein de la Cellule de Prospective créée par Jacques Delors, Président de la Commission européenne (1989-1992) au moment de la préparation du traité de Maastricht.

C’est après l’adoption de ce traité en 1992 qu’il rejoint comme conseiller ( il le sera de 1992 à 1995) le cabinet du Commissaire Sir Leon Brittan, vice-Président de la Commission chargé des Relations extérieures et de la Politique commerciale commune. Wright s’implique alors spécialement dans le dialogue transatlantique, ce qui lui sera particulièrement utile dans le cadre de ses fonctions ultérieures à la direction des marchés financiers.

En 1995, Jacques Delors passe le flambeau au Luxembourgeois Jacques Santer, nouveau président de la Commission européenne qui le recrute à son cabinet comme conseiller sur les affaires économiques et industrielles. Il pilote ainsi en 1998 un rapport sur le capital risque dont l’objet est de favoriser le développement des entreprises innovantes en Europe. Puis Wright revient dans les services de la Commission après le départ du Président Santer en 1999.

La construction de l’Europe financière

Le statut des fonctionnaires de la Commission les contraint à une mobilité inter services et en principe, ils ne peuvent rester plus que quelques années dans la même unité ou direction. Ce fut le cas de David Wright qui changea plusieurs fois d’affectation. Pour autant, sa carrière se caractérise par une grande cohérence autour des thèmes de la croissance et du marché, ceux-là même qui sont au cœur de la Stratégie de Lisbonne.

Depuis ces dernières années, David Wright – en tant que directeur responsable de « la politique des services financiers et de la coordination horizontale, de l’infrastructure et de la gestion d’actifs » au sein de la DG Marché intérieur et Services, a eu pour tâche de promouvoir la construction de l’Europe financière. Avec succès. L’intégration des marchés financiers européens, sur la base d’une régulation unique au monde, est sans doute l’une des réalisations les plus notables de l’Union européenne de ces dernières années.

Wright a travaillé au lancement en 1999 du « Plan d’Action des Services Financiers » dont il a suivi la mise en œuvre et la Commission a pu annoncer en 2005 l’application de 40 des 42 mesures qu’il comportait, en particulier la directive « Prospectus » de 2003 (qui harmonise l’information à fournir aux investisseurs par les sociétés souhaitant lever des capitaux dans l’Union européenne) et la directive « MIFID » de 2004 (qui régit les conditions d’exécution des transactions des investisseurs par les bourses, les autres systèmes de négociation et les entreprises d’investissement et qui met en place un « passeport unique » pour les entreprises d’investissement leur permettant, tout en renforçant la protection des clients, de travailler dans toute l’UE avec un minimum de formalités.)

Maîtriser les risques sur les marchés financiers par un dialogue transatlantique fructueux

Pour David Wright, le fonctionnement des marchés financiers européens est actuellement plus satisfaisant que celui des marchés américains. La crise du crédit hypothécaire aux Etats-Unis dont les effets se font lourdement sentir en Europe ne va pas le dissuader de le croire. Bien au contraire, ce haut fonctionnaire soucieux d’éthique, et critique des dysfonctionnements à l’origine de cette crise, considère que les Etats-Unis devraient s’inspirer de la philosophie de la régulation européenne des marchés. N’en doutons pas, alors que le débat bât son plein sur l’opportunité de renforcer la maîtrise des risques et d’assurer la transparence d’outils tels que la titrisation, le nouveau directeur général adjoint de la DG Marché intérieur et Services saura proposer des solutions consensuelles, non seulement paneuropéennes, mais internationales, pour sécuriser les marchés et leur faire pleinement jouer le rôle de soutien de la croissance.

Janvier 2008