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Avenir de l’Europe

Questions internationales n°31

Mai-juin 2008
La Documentation française

Editorial

©La Documentation françaiseLe second semestre de l’année 2008 sera marqué par la présidence française de l’Union européenne, la première depuis l’an 2000. Elle succédera à la présidence de la Slovénie, l’un des derniers venus et l’un des membres à la population la moins nombreuse comme au territoire le plus restreint de l’Union. Compte tenu de l’accroissement du nombre des États membres, la France n’aura plus l’occasion de présider l’Union européenne avant de longues années. Comme elle a été en outre la cheville ouvrière du nouveau traité institutionnel, dit "traité simplifié", appelé à se substituer au traité établissant une Constitution pour l’Europe rejeté par référendum en France, sa présidence sera suivie avec une attention particulière par ses partenaires. D’ores et déjà, la question de l’attitude à adopter à l’égard de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à Pékin suscite un débat au sein des instances de l’Union, et la position de la présidence s’annonce délicate. Elle risque de constituer un test pour l’unité de l’Union et pour les orientations de sa politique extérieure – entre réalisme économique et valeurs dont se réclament l’Union européenne et ses membres.

Mais ce n’est qu’un problème conjoncturel parmi ceux, plus substantiels, auxquels l’Union européenne devra faire face au cours des années à venir. Le présent dossier s’attache à éclairer les principaux d’entre eux. La mondialisation confronte l’Union à ces géants sans états d’âme particuliers que sont les États-Unis, la Chine, la Russie et les grandes puissances émergentes. Le traité de Lisbonne sera-t-il ratifié par tous les membres, et peut-il sortir les institutions de leur langueur ? Les dynamismes et blocages de l’Union ne sont pas nouveaux, et ils ont toujours accompagné le processus de la construction européenne. Quid du marché intérieur, assurément perfectible ? Quelles idées fausses sur les institutions européennes convient-il de rectifier ? Que peut-on espérer de l’avenir de la politique étrangère de l’Union européenne ? La Méditerranée sera-t-elle pour elle un espace nouveau et spécifique de coopération et d’influence sur ses marges ? Le couple franco-allemand, régulièrement mis à l’épreuve, restera-t-il l’animateur principal de l’Union ?

Pour les rubriques récurrentes de Questions internationales, nous ne quittons d’abord pas l’Europe, avec une analyse de la question belge. Elle n’est certes pas nouvelle, mais elle revêt une ampleur inusitée face à la difficulté croissante de constituer un gouvernement qui rassemble les représentants des communautés flamande et wallonne. Au-delà de la Belgique, il y a là un défi pour l’Union européenne dans son ensemble : sa politique régionale n’encourage-t-elle pas les revendications autonomistes voire séparatistes dans plusieurs États membres, revendications qui semblent contraires aux valeurs de tolérance et de pluralisme qui sont les siennes – surtout dès lors que ces revendications, minoritaires parmi chacune des populations intéressées, sont marquées par un esprit d’exclusion et de fermeture culturelle, et parfois par la violence ? L’Irak fournit ensuite, dans un autre espace – et dans une autre rubrique, presque dans un autre monde – une triste illustration de l’exacerbation des hostilités communautaires. Enfin, dans "Questions internationales à l’écran", c’est un autre conflit qui est revisité, à partir de la manière dont Hollywood a perçu et représenté la guerre du Vietnam – représenté plus que cherché à expliquer…

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Le traité de Lisbonne : un nouveau cadre pour l’Union européenne - Dossier spécial de La Documentation française