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15 novembre 2007
La victoire de M. Rasmussen s’est essentiellement faite sur son bilan économique, qui est un des meilleurs de l’Union européenne. En avançant la date des élections, M. Rasmussen espérait en effet pouvoir récolter les fruits de ces bons résultats avec un taux de chômage à son plus bas niveau depuis 30 ans à 3,1% et une croissance économique soutenue de 3,5%.
Toutefois la victoire de M. Fogh Rasmussen a été moins nette que lors des scrutins de 2001 et 2005. Son propre parti, le Parti libéral, a perdu 6 des ces 52 sièges et la coalition libérale-conservatrice qu’il conduit a obtenu de justesse la majorité absolue au Parlement danois, le Folketing, à une voix près (90 sièges sur 179), grâce à l’appoint des Iles Féroé L’opposition, formée autour de quatre partis du centre et de la gauche et fermement conduite par Mme Helle Thorning-Schmidt, présidente du Parti social-démocrate, a obtenu quant à elle 81 sièges.
La coalition libérale conservatrice que M. Fogh Rasmussen dirige depuis 2001 est composée des libéraux et des conservateurs avec le soutien parlementaire de l’extrême droite : le parti du Peuple danois qui obtient un siège supplémentaire par rapport à 2005. L’influence de ce dernier, qui milite en faveur du maintien du welfare state et de la limitation de l’immigration, conduit le Danemark à avoir l’une des politiques les plus restrictives en la matière. Le nombre de demandeurs d’asile est par exemple tombé de 10 000 à 2000 entre 2001 et 2006. Or M. Rasmussen ne peut, pas plus cette fois-ci que les fois précédentes, écarter ce partenaire embarrassant, allié parlementaire indispensable à la constitution de sa majorité. Pourtant, durant la campagne, une alliance avec le nouveau parti de centre droit, la Nouvelle Alliance, créé en mai 2007 par Naser Khader, avait été envisagé par M. Rasmussen comme une alternative à l’alliance avec l’extrême droite. Si cette alternative n’est plus d’actualité compte tenu du score important de l’extrême droite et des faibles résultats de la Nouvelle Alliance (5 sièges), le Premier ministre entend toutefois pouvoir s’appuyer sur la Nouvelle Alliance pour poursuivre son programme de gel de l’augmentation des impôts, parmi les plus lourds d’Europe. Ces différentes stratégies d’alliance reflètent les enjeux auxquels le nouveau gouvernement devra faire face. Dans un pays où le soutien à une politique d’immigration très restrictive est important et où l’Etat providence est puissant, nécessitant donc des niveaux de prélèvements élevés, le Premier ministre devra arbitrer entre l’assouplissement de la politique d’immigration demandé par la Nouvelle Alliance (soutenue par les sociaux démocrates) et l’opposition du Parti du Peuple danois à cette assouplissement de même qu’à toute baisse des impôts pouvant remettre en question un Etat providence particulièrement généreux.
Les questions européennes n’ont guère constitué un enjeu électoral lors de cette campagne, et ce, alors même le premier acte d’importance du nouveau gouvernement doit être la signature officielle du Traité réformateur, lors du Conseil européen de décembre 2007. La ratification du traité ne s’annonce pas sans embuches pour M. Rasmussen. Partisan d’une ratification parlementaire, mettant à l’abri des manifestations populistes eurosceptiques de l’opinion publique danoise, le Premier ministre se heurte à la demande du parti du Peuple danois d’organiser un référendum sur le traité. Il devra donc pour la ratification parlementaire s’assurer du soutien des sociaux-démocrates.