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Le Cercle des Européens vous propose d’approfondir la connaissance et la compréhension des 27 Etats membres de l’Union européenne à partir d’articles d’actualité et de Fiches pays réalisées en partenariat avec Nouvelle Europe.

Nom officiel : République fédérale d’Allemagne
Superficie : 356.959 Km²
Population : 82,5 millions
Capitale : Berlin
Monnaie : Euro
Taux de croissance (2007) : 2,5%
Taux de chômage (2007) : 8,4 %
Taux d’inflation (2007) : 2,3 %
PIB par habitant* (2007) : 113,2
*exprimé par rapport à la moyenne de l’Union européenne (EU-27) fixée à 100
Membre fondateur de la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) en 1951, l’Allemagne est au cœur même de l’invention communautaire. En effet, la déclaration Schuman du 10 mai 1950, qui expose les principes d’une construction européenne basée sur l’établissement de la paix sur le continent et sur "des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait", touche au premier chef la France et l’Allemagne dont la réconciliation et la coopération économique constituent la colonne vertébrale de ce rassemblement des nations européennes. Pour l’Allemagne, cette perspective de coopération économique et d’intégration industrielle, même sectorielle, lui permettait de sortir de sa position d’infériorité et d’isolement diplomatique au lendemain de la défaite de la Seconde guerre mondiale.
Sur la base de la CECA, l’Allemagne et les partenaires décident d’approfondir leur coopération et signent en 1957 les traité de Rome qui donnent naissance à la Communauté Economique Européenne (CEE) et Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom)
La constitution allemande, appelée "Loi fondamentale" (Grundgesetz) date du 23 mai 1949 et instaure une République fédérale de type parlementaire, composée de 16 Länder. Le système politique allemand repose à la fois sur une séparation des pouvoirs au niveau horizontal (exécutif, législatif et judiciaire) et au niveau vertical entre les Länders et l’Etat fédéral. La Loi fondamentale détermine les compétences entre ces deux niveaux. Chacun des Länder est doté d’une Constitution, d’un Parlement et d’un gouvernement. Les gouvernements des Länder sont des acteurs politiques importants au niveau fédéral, ils sont dirigés par des ministres-présidents.
Le Président de la République fédérale d’Allemagne (Horst Köhler depuis 2004), est élu pour cinq ans au suffrage indirect par l’Assemblée fédérale qui est un collège formé de députés du Bundestag et de représentants des parlements des Länder. Son mandat n’est renouvelable qu’une fois. Le président représente la République fédérale d’Allemagne à l’extérieur et nomme les membres du gouvernement, les juges et les hauts fonctionnaires. Sa signature permet l’entrée en vigueur des lois. Son rôle reste essentiellement honorifique.
Le Parlement allemand est composé de deux Chambres : Bundestag et le Bundesrat. Le pouvoir législatif est exercé par le Bundestag avec une participation du Bundesrat plus ou moins importante selon les cas. Une récente réforme du fédéralisme limite le pouvoir de blocage du processus législatif par le Bundesrat.
Le Bundestag est composé des députés élus au scrutin mixte pour quatre ans. Ses principales fonctions sont : l’élection du chancelier puis de le maintenir dans ses fonctions en soutenant sa politique ; le vote des lois ; et le contrôle du travail du gouvernement. Les principaux partis représentés au Bundestag sont : le Parti social-démocrate allemand (SPD), l’Union chrétienne-démocrate (CDU), l’Union chrétienne-sociale (CSU), l’Alliance 90/Les Verts (Les Verts), le Parti démocrate libéral (FDP), le Parti de gauche (die Linke.PDS).
Le Bundesrat est composé des représentants des gouvernements des Länder. Le Bundesrat contribue à l’élaboration des lois fédérales.
Le pouvoir exécutif est exercé par le chancelier fédéral (Angela Merkel (CDU) depuis 2005) qui dirige la politique gouvernementale. Il est élu à la majorité absolue des membres du Bundestag, sur proposition du président fédéral.
Lors de élections anticipées de mai 2005, les deux grands partis qui dominent traditionnellement la vie politique allemande, le SPD (sociaux-démocrates) et la CDU-CSU (Union des chrétiens-démocrates) sont arrivés en tête du scrutin avec des scores très proches : 35,2% pour la CDU-CSU et 34,2% pour le SPD. Une "grande coalition" a été formée entre ces deux partis, à la tête de laquelle Angela Merkel (CDU) a été élue Chancelière, le 22 novembre 2005. Le gouvernement est composée de façon égalitaire de 8 membres du SPD et 8 membres de la CDU-CSU.
Les principaux objectifs de ce gouvernement de coalition sont : la réduction des déficits budgétaires, la relance de la croissance et la baisse du chômage.
L’économie allemande est la première économie européenne et la troisième au niveau mondial, derrière les Etats-Unis et le Japon. Si l’Allemagne renoue avec la prospérité économique depuis 2005, les années 90 ont été marquées par une crise économique profonde, due en partie aux efforts consentis dans le cadre de la réunification. L’unification monétaire, économique et sociale entre la RFA et la RDA (entrée en vigueur le 1er juillet 1990) s’est en effet traduite par une forte inflation et une augmentation des déficits budgétaires. L’économie allemande entre récession en 1993, pour n’en sortir qu’un an plus tard. En 1994, la croissance reste toutefois faible et le chômage progresse (8,8% en ex-RFA et 17% en ex-RDA). Pour expliquer cette faible reprise, il faut rappeler que depuis 1990, l’Allemagne de l’Ouest transfert chaque année 4% de son PIB vers l’ex-RDA.
Le gouvernement du chancelier Helmut Kohl doit parallèlement conduire les réformes nécessaires au respect des critères de convergence du traité de Maastricht afin de préparer l’adoption de la monnaie unique, qui sera lancée en mai 1998.
En 2002, l’Allemagne subit plus fortement que ses voisins européens les effets du ralentissement de l’activité mondiale et entre à nouveau en récession. Le taux de croissance est nul en 2002 est s’établit à -0,2 sur l’ensemble de l’année 2003. Les déficits publics commencent alors à se creuser de façon inquiétante et en novembre 2002, la Commission européenne lance une procédure de sanctions contre l’Allemagne pour non respect du Pacte de stabilité et de croissance (en 2002 les déficits publics atteignent 3,8% du PIB). Durant quatre années consécutives le pays dépasse le plafond autorisé en matière de déficits publics.
Face à cette situation budgétaire et à la montée continue du chômage, qu’aucune politique n’a su résorber, le gouvernement de Gerhard Schröder lance en 2003, un mouvement de réforme en profondeur de l’Etat providence allemand : L’Agenda 2010. Les structures du système de protection sociale sont revues (assurance maladie, retraite) et le régime d’indemnisation du chômage est durci pour favoriser le retour à l’emploi.
Le gouvernement de coalition d’Angela Merkel (2005-2009) poursuit ces reformes structurelles, sur la base d’un programme alliant austérité et investissement public.
En 2006, les reformes structurelles entreprises par le chancelier Schröder commencent à porter leurs fruits. L’Allemagne renoue avec une croissance soutenue (de 0,8% en 2005 il est de 2,9% en 2006 et 2,5 en 2007), les finances publiques sont équilibrées, le taux de chômage baisse (en 2005 il atteint son plus haut taux avec 10,6%, pour redescendre ensuite de 9,8% en 2006 et 8,4% en 2007) et l’économie est compétitive.
Depuis 2003, l’Allemagne est le premier exportateur mondial et elle affiche en 2006, un excédent commercial record de 160 milliards d’euros. L’économie allemande est en effet très fortement ouverte au marché mondial et les exportations constituent le principal moteur de la croissance.
L’économie allemande se caractérise aujourd’hui par une forte tertiarisation, puisque les services représentent 72% des actifs. Avec seulement 20% des actifs, l’industrie occupe une place prépondérante dans l’économie, elle est innovante et compétitive. Les principales branches sont la construction automobile, la construction mécanique, l’électrotechnique et la chimie. L’agriculture représente quant a elle 5% des actifs.
Particularités
Il existe en Allemagne de fortes particularités régionales, propres à chaque Land. D’Hambourg à Munich ou de Cologne à Berlin, les mentalités, les identités et les traditions diffèrent. Il existe également des dialectes locaux, comme le bavarois pour la Bavière. Autre exemple, les télévisions ne sont pas entre les mains de l’État, mais des Länder, beaucoup de programmes sont donc régionaux.
Langue
L’allemand n’est pas seulement la langue officielle de l’Allemagne, c’est aussi la langue officielle de l’Autriche et de la Suisse. L’Allemand est en outre parlé dans de nombreux autres Etas européens, dont le Liechtenstein, le Luxembourg ou la Belgique, avec toutefois quelques différences selon les régions. Au total ce sont donc plus de 100 millions d’Européens qui parlent l’allemands.
Si l’allemand était la langue de la philosophie, de la linguistique ou de la chimie, elle n’est jamais parvenu au même niveau que l’anglais ou le français. La place l’allemand n’est ainsi pas représentative du poids politique et économique de l’Allemagne et des pays germanophones.
Traditions
Oktoberfest
C’est la fête de la bière de Munich, la plus importante d’Allemagne. La première remonte à 1810, et fut célébrée en l’honneur du prince héritier Ludwig, futur Louis Ier de Bavière. Elle tient son nom du fait qu’elle se termine chaque année, le premier week end d’octobre. Avec 6 millions de visiteurs en deux semaines, il s’agit de la plus grande fête populaire du monde ! Habillées en costumes traditionnels, les familles bavaroises se retrouvent sous les grandes tentes montées à l’occasion sur la Theresienwiese ("auf dem wiesn" comme disent les munichois !), au son des orchestres bavarois. Les brasseries munichoises produisent une bière spécialement brassée pour l’Oktoberfest, il en est écoulé quelques 6,7 millions de litres en deux semaines !
Weihnachtsmärkte
Les marchés de Noël : dans de nombreuses villes, durant tout le mois de décembre : pains d’épices, vin chaud à la cannelle, artisanat, , saucisses et bretzels à profusion. Les festivités vont crescendo jusqu’au 24 décembre. Elles sont l’héritage d’une très longue tradition de célébrations autour du solstice d’hiver du temps des Germains pour célébrer la mère nature et le soleil. Dès le premier dimanche de l’Avent, le coup d’envoi est donné par l’ouverture des marchés de Noël qui investissent les places des villes et des villages du pays entier. A la Saint Nicolas, on confectionne les Spekulatius, cousins proches des speculoos belges mais plus épicés.
Carnavals rhénans et alémaniques
Ils se déroulent en février, à Düsseldorf, Cologne, Bonn, Mayence. C’est la plus grande fête d’origine païenne de l’année. Il sert à exorciser les démons de l’hiver et à célébrer le retour des jours qui s’allongent. Chaque région le célèbre de manière différente. L’un des plus célèbres est le carnaval Rhénan, de Cologne, Dusseldorf et Mayence. Il attire plus d’un million de gens à Cologne et se distingue par ses défilés, déguisements et par son "carnaval des femmes".
Cuisine
La saucisse – Wurst - est la grande spécialité culinaire allemande. On fabrique les saucisses en Allemagne de puis le Moyen-âge et chaque région à sa propre spécialité de saucisses, à Munich la Weisswurst et à Berlin la Currywurst. Les plus répandues sont les Bratwurst ou les Knackwurst.
Pour accompagner les viandes, deux légumes sont incontournables : la pomme de terre (Kartoffel) sous forme de frites, purée, croquettes, salade et le chou (Kohl) qu’il soit rouge ou composante de la fameuse choucroute (Sauerkraut). A noter aussi les Knödeln, ces grosses boulettes de pâte, à base de mie de pain ou de pomme de terre. A l’heure du goûter, c’est l’heure du traditionnel Kaffee-Kuchen (café et gâteau). Il y a presque autant de variétés de pains en Allemagne que de fromages en France.
En Allemagne, l’eau sous-entend presque toujours eau gazeuse. Mais la boisson la plus répandue est la bière. La diversité des bières est considérable. Bières blondes, brunes, fortes, légères, de fermentation haute ou basse, on en dénombre plus de 4000. En été elle est servie dans les Biergärten, ces jardins à bière où des milliers de chopes peuvent trinquer sous les châtaigniers, et dont Munich s’est fait une spécialité. L’eau-de-vie se dit schnaps : et il y en a pour tous les goûts : aux fruits dans la Forêt-Noire : cerise, quetsche, framboise ; au cumin dans le Schleswig-Holstein ; et aux herbes dans le nord, comme le Jägermeister. Dans l’ex-RDA, l’alcool le plus fréquent reste la vodka.
Bon à savoir L’Allemagne ne possède que 1% des vignobles du monde mais produit 13% des vins de la planète.
Littérature
Goethe (Johann Wolfgang von) (1749-1832) et Schiller (Johann Christoph Friedrich von) (1759-1805) ont "inventé" le romantisme. Autour de Novalis, après la chute de Napoléon, c’est une "seconde génération" romantique qui apparaît. Dès 1890, l’agitation sociale va imposer un style naturaliste. Après 1918, c’est l’apothéose de Berlin et de ses cabarets décrit par Brecht et les expressionnistes comme Alfred Döblin. En 1933, pour beaucoup, c’est l’exil, parfois même le suicide, ou encore " l’exil intérieur" dont Ernst Jünger sera le symbole. La génération suivante produit ce que l’on appellera "la littérature des ruines" ! Les écrivains allemands de l’après-guerre, en dehors des figures que sont Heinrich Böll ou Günter Grass (Prix Nobel de Littérature 1999).
Leibniz, Kant, Fichte, Schelling, Hegel, Marx, Nietzsche, Husserl, Heidegger, Adorno, Marcuse, Habermas : l’Allemagne est sans aucun doute la partie de la philosophie.
Patrimoine
La porte de Brandebourg qui se situe à l’entrée Ouest de Berlin, est à la fois le symbole de la capitale et de la réunification de l’Allemagne. Lorsque le Mur de Berlin fut édifié, la porte qui se situait dans la zone bouclée, avait en effet été fermée au passage. Il a fallut attendre la chute du Mur pour qu’elle soit à nouveau ouverte par les autorités est-allemandes, le 22 décembre 1989. Symbole de cette unité retrouvée, la porte de Brandebourg figure sur les pièces allemandes de 10, 20 et 50 centimes d’euro.
La porte de Brandebourg fut érigée à la fin du XVIIIème siècle pour le roi prussien Frédéric-Guillaume II, dans un style néo-classique.
Arts
Peintre, dessinateur, mais avant tout graveur, Albrecht Dürer (1471-1528) est un des grands artistes de la Renaissance et le plus prestigieux de ses représentants en Allemagne. Du temps de son vivant, ce sont surtout ses gravures qui ont fait sa renommée (L’Apocalypse (1498), la Grande Passion, la Petite Passion, la Vie de la Vierge (1511). De part ses grandes réflexions théoriques sur l’art et son intérêt pour les mathématiques, l’astronomie ou l’urbanisme, Albrecht Dürer symbolise l’humanisme du XVIème siècle. Sa curiosité intellectuelle et son génie le rapprochent plus particulièrement des artistes de la Renaissance italienne, qui à l’image de Léonard de Vinci, ont beaucoup influencé son art.
Cinéma
Né à Berlin en 1892, Ernst Lubitsch est comédien avant de lancer dans la réalisation. En 1918 ses premiers films à connaitre le succès sont : The Eyes of the Mummy et Gypsy Blood. En 1922, il émigre aux Etat-Unis en 1922 et devient très vite la coqueluche d’Hollywood avec des films comme Rosita (1923) ou The Marriage Circle. En 1935 il est nommé manager de Paramount. Entre drames, satires et comédies l’œuvre de Ernst Lubitsch a marqué la production cinématographique de son époque.
Si l’arrivée d’Hitler au pouvoir empêche le pays pendant près de 20 ans de faire du cinéma. La "nouvelle vague" réchauffe les années 1960 avec Volker Schlöndorff (avec Les Désarrois de l’élève Törless, 1965), Peter Fleischmann (Scènes de chasse en Bavière, 1969), ou plus près de nous Rainer Werner Fassbinder et Wim Wenders.
Musique
Johann Sebastian Bach (1685-1750) développe, outre l’orgue, le domaine vocal, de nouvelles formes et jeux d’écriture qu’il expose dans L’Art de la fugue. Pendant la même période, Georg Friedrich Haendel sera infiniment plus célébré de son vivant. Arrive alors Ludwig van Beethoven (1770-1827) dont Einstein dira : "Beethoven préfère écrire contre son temps que pour lui". Le romantisme s’exprime aussi avec Carl Maria von Weber (1786-1826) et son grand opéra fantastique : le Freischütz (1821). Mais c’est surtout Robert Schumann (1810-1856) qui incarne le mieux, au travers de ses Lieder, l’âme romantique du XIXe siècle. Richard Wagner (1813-1883) va s’enfermer dans un univers fantastique. Au XXe siècle, Carl Orff (Carmina Burana) est le meilleur représentant de la tendance "expressionniste", tandis que Richard Strauss (1864-1949), maintiendra le cap du romantisme (Also sprach Zarathoustra).
Ambassades et consulats français en Allemagne
Mission économique française en Allemagne
Nouvelle Europe : le portail de l’Europe élargie. Infos, découverte et culture dans l’Europe à 27 et son voisinage.
Le 7 juin 2008
Le 4 mai 2008